Mercredi, 7 Décembre 2022
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    Le Crystal, une drogue qu’il vaut mieux ne pas essayer

    Après les États-Unis, Vancouver et Toronto, il semblerait que Montréal assiste depuis le début de l’été à l’arrivée d’une nouvelle drogue qui présente un danger certain : la méthamphétamine, une drogue qui crée déjà d’inquiétants problèmes aux États-Unis. La méthamphétamine, appelée également crystal, meth, crystal meth, ice ou glass, est un puissant dérivé d’amphétamines qui a une action très concentrée sur le système limbique, la zone du cerveau impliquée dans les phénomènes de plaisir. 

    Drogue de synthèse initialement développée dans le traitement de l’obésité, elle agit sur deux enzymes cérébrales : la dopamine et la sérotonine. Elle se présente sous la forme de cristaux qui peuvent être inhalés comme la cocaïne, fumés comme le crack, absorbé comme une pilule mais aussi injectés.

    L’effet produit est très rapide : le crystal procure une très intense sensation de plaisir qui est parfois comparée à la montée de l’héroïne lorsqu’elle est prise par voie intraveineuse. Comme toutes les drogues qui agissent sur la dopamine, on assiste alors à une véritable euphorie, une excitation, une insomnie, une hyperactivité cérébrale et une stimulation majeure de l’appétit sexuel.

    L’envers du décor est la possibilité de confusion, d’anxiété majeure avec attaque de panique, d’agressivité et de violence. En dehors des effets aigus, il se crée très rapidement une répétition importante des prises, avec un phénomène de tolérance conduisant rapidement à un état de dépendance avancé.

    Les risques sociaux sont importants car l’usager désorganise rapidement sa vie pour la tourner autour du produit. Sur le plan sanitaire, la complication majeure est une augmentation très importante du risque de transmission, d’une part, des virus du sida et de l’hépatite C lié aux pratiques d’injections et de «sniffage», mais aussi et surtout un risque de transmission de maladies sexuellement transmissibles.

    En effet, si cette drogue stimule l’appétit sexuel, elle met le plus souvent l’usager dans un état de soumission et d’indifférence totale aux prises de risques. On estime que la propagation de cette drogue dans le milieu gai américain serait responsable aujourd’hui de 8000 à 10 000 transmissions du VIH.

    En fait, le véritable piège de ce produit est lié au fait qu’il a été beaucoup investi par les usagers d’ecstasy de longue date, qui ont considéré que cette drogue n’avait une dangerosité pas plus grande que celle des petites pilules qu’ils avaient l’habitude de prendre pour danser toute la nuit.

    Pourtant, les effets sont très différents. D’abord l’escalade de la forme orale vers les formes injectables est possible, fréquente et dangereuse. De plus, le potentiel de dépendance est beaucoup plus important.

    Il est à noter que l’usage aggraverait les déficits du fonctionnement cérébral du sida et limiterait l’efficacité des traitements. On estime que la moitié des sujets accueillis dans les centres de traitement pour dépendance dans certaines villes des États-Unis, comme Honolulu, San Diego ou New York, sont dépendants au crystal.

    Le message que l’on veut faire passer sur ce produit, comme on a pu le faire il y a quelques années avec le GHB en limitant le risque de son expansion : «Attention danger, c’est un produit qu’il vaut mieux ne pas essayer!». On ne le dira jamais assez, le traitement le plus efficace pour les dépendances reste l’abstinence.

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