Vendredi, 3 Décembre 2021
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    Le parlement fédéral le plus LGBTQ à date

    Un record de huit députés homosexuels et bispirituels à la Chambre des communes, ce qui en fera le Parlement le plus LGBT à ce jour de l’histoire du Canada. Oui, ces députés sont toujours majoritairement blancs et cisgenres, mais la présence de deux femmes nouvellement députées et l’inclusion de Blake Desjarlais du NPD en tant que député bispirituel métis/cri vient injecter une plus grande diversité au Parlement.

    Il est ironique que Desjarlais remplace Kerry Diotte, l’une des 62 députés du parti conservateur ayant voté contre le projet de loi C-6, qui visait à interdire les thérapies de conversion à l’échelle nationale. Bonne nouvelle, six de ces députés ont perdu leur siège. 

    Il est encourageant de constater que les électeurs ont moins de patience pour l’homophobie et la transphobie exprimées par les députés et qu’ils les ont évincés. Il convient également de noter qu’il y a une certaine diversité idéologique parmi les députés queer : quatre sont des libéraux, deux sont des néo-démocrates et deux sont des conservateurs : Eric Duncan et la nouvelle venue Melissa Lantsman. 

    Toutes les personnes queer ou trans ne seront pas de gauche et il est donc bon qu’il y ait des voix queer à l’intérieur des différents caucus. C’est un signe qu’il peut y avoir des perspectives plus diversifiées sur la façon dont chacun des partis considèrera les problèmes du jour à travers leurs lentilles idéologiques spécifiques. 

    Ce qu’un 3e gouvernement Trudeau nous réserve 

    En termes de ce à quoi nous pouvons nous attendre sur le plan des politiques du gouvernement, il y aura une certaine stabilité et une poursuite des travaux chez le gouvernement qui a créé le Secrétariat LGBTQ2. Rappelons que l’une des promesses de la plate-forme libérale était que le Secrétariat achèverait le travail sur son plan d’action LGBTQ2 dans les cent jours suivant la constitution de ce parlement. 

    Une autre des promesses de la plate-forme est un financement de 40 millions de dollars pour les capacités des organisations canadiennes de services LGBTQ2S+, que les libéraux ont promis de mettre en œuvre au cours de cet exercice. Cela fera probablement partie du budget qui accompagnera la prochaine mise à jour financière. 

    Il est également raisonnable de conclure que l’élargissement promis du crédit d’impôt pour frais médicaux pourrait inclure le remboursement des dépenses de fécondation in vitro (FIV) pour les mères porteuses. 

    Il est fort probable que le gouvernement déposera à nouveau un projet de loi interdisant la thérapie de conversion comme l’un de ses premiers projets de loi. Étant donné que tous les partis se sont engagés à adopter une telle législation, y compris les conservateurs (avec toutefois certaines mises en garde), il est probable que l’adoption ira plus rapidement cette fois-ci. 

    Et si les conservateurs tentent de ralentir une deuxième fois son adoption, le gouvernement comptera sur l’appui du NPD et du Bloc québécois pour invoquer l’attribution de temps pour accélérer le processus, invoquant le fait qu’il avait adopté la Chambre à la séance précédente. 

    Qui fera parti du prochain Cabinet ?

    On peut espérer voir au moins un — peut-être deux — des quatre députés libéraux LGBT faire partie du Cabinet. 

    Seamus O’Regan a été ministre des Ressources naturelles, et compte tenu de son amitié étroite avec le Premier ministre, il est probable qu’il restera au Cabinet. 

    Il y a de fortes chances que le député de retour Randy Boissonnault soit également nommé au Cabinet, comme il est l’un des deux seuls députés libéraux de l’Alberta et que le premier ministre a besoin d’une représentation régionale de la province. Boissonnault avait auparavant été secrétaire parlementaire du ministre du Patrimoine canadien, ainsi que conseiller spécial du premier ministre sur les questions LGBTQ2. 

    Rob Oliphant a occupé le poste de secrétaire parlementaire du ministre des Affaires étrangères pendant une grande partie de la législature précédente, mais ses chances d’entrer au Cabinet pourraient être entravées par le fait que les poids lourds qui risque de faire partie du Cabinet de Justin Trudeau sont aussi de Toronto. 

    Nouvelle venue, Pascale St-Onge a été secrétaire générale puis présidente de la Fédération nationale des communications et de la culture, associée à la CSN. Elle a chapeauté de nombreux travaux afin de proposer des solutions économiques, juridiques et politiques réalistes et efficaces pour répondre à la crise des médias. Elle a milité auprès des différents paliers de gouvernement pour qu’ils adoptent des mesures concrètes afin d’assurer la pérennité de l’information journalistique et des emplois du secteur. Elle a participé activement aux débats concernant les médias et la culture tant dans les instances gouvernementales, syndicales que sur la place publique. Il se pourrait bien que le premier ministre décide de lui confier un rôle au sein du cabinet.

    Si on sait déjà de Chrystia Freeland restera à la barre du ministère des finances et vice-première -ministre, on ignore si le député de Laurier-Sainte-Marie, Steven Guilbault, qui était ministre du Patrimoine, se retrouvera finalement à l’environnement. Plusieurs semblent souhaiter que ce militant écologiste de longue date, donne finalement plus de poids à ce ministère qui risque de prendre plus de place à l’avenir.

    Le premier ministre Justin Trudeau compte dévoiler la composition de son nouveau cabinet en octobre à une date qui sera précisée au cours des prochains jours. Il a indiqué que ce cabinet serait de nouveau paritaire, soit qu’il compterait un nombre égal d’hommes et de femmes, comme c’est le cas depuis son arrivée au pouvoir, en 2015.

    Les travaux de la Chambre des communes devraient reprendre en novembre. Le gouvernement libéral devra alors présenter un nouveau discours du Trône pour lancer des travaux parlementaires. 

    Même si son parti n’a pu obtenir une majorité des sièges au dernier scrutin, M. Trudeau estime avoir obtenu de la part des Canadiens un « mandat clair » pour mettre en œuvre son programme «ambitieux» en matière de lutte contre les changements climatiques et la création d’un réseau national de garderies à 10 $ par jour, a-t-il cité comme exemples. 

    Le premier ministre s’est aussi engagé à gouverner pendant quatre ans, soit la durée d’un mandat au complet, si son gouvernement réussissait à se maintenir au pouvoir sans être défait par les trois partis de l’opposition : « Les Canadiens ont donné des indications qu’ils voulaient un gouvernement qui travaillerait sur les grands enjeux en partenariat avec d’autres, et c’est exactement ce que nous allons faire. »

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