Samedi, 26 novembre 2022
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    Robert Laliberté ou quand photographie rime avec poésie

    On connaît tous Robert Laliberté. Depuis 45 ans, il n’a cessé d’enchaîner les expositions de ses photos et de multiplier des contrats. Directeur artistique de Priape pendant 17 ans, il n’a jamais abandonné sa passion même quand il l’occupait des fonctions connexes. Le don officiel de son fonds de photos aux Archives gaies du Québec (AGQ) ne signe pas une retraite, même si le photographe ne travaillera plus que pour son plaisir. Robert Laliberté n’a pas encore dit son dernier clic. Avec l’exposition d’environ 70 de ses œuvres en octobre prochain, au musée de l’Écomusée du fier monde (voir autre article), une occasion de (re)découvrir le travail iconographique d’un de nos artistes majeurs de notre époque, et de
    participer à l’encan au profit des AGQ.

    Autoportrait de Robert Laliberté, 2002


    Robert Laliberté, pour ceux et celles qui le connaissent, est un homme discret. Toute conversation avec lui dérive automatiquement sur son travail. Revenir sur 45 ans de carrière en quelques lignes relève du défi pour celui qui a enchaîné aussi en parallèle des fonctions de directeur des magasins Priape ou encore jusqu’à quelques semaines celle de directeur adjoint de la galerie d’art contemporain Beaux-arts des Amériques. Des activités qui ne l’éloignaient pas trop de sa passion, bien au contraire. Et pourtant rien ne le destinait vers la photo.


    «Tout jeune, je voulais devenir architecte, j’avais déjà un attrait pour tout ce qui était artistique», nous confie-t-il, «et dans ma vingtaine, je suis allé rendre visite à un ami à San Fransisco et pour la durée de mon séjour il m’a donné une caméra, et c’est là que la passion est née». De retour au Québec, il décide d’aller étudier en photo, et comme la question de la lumière l’intéresse particulièrement, il suit un cours d’éclairage au collège Dawson. En ce sens, il s’inscrit dans la tradition des grands photographes qui ont beaucoup travaillé en noir et blanc, comme George Platt Lyne, Herb Ritts, ou encore Mapplethorpe, jouant sur les ombres et les lumières pour laisser les émotions émergées à travers les sujets choisis.


    Le photographe a toujours voulu rester maître de son travail. Il l’était du temps de la chambre noire, il le restera avec le numérique. «Au tout début des années 2000, j’ai suivi un cours de photoshop au Collège de Maisonneuve, l’idée était toute simple, je ne voulais pas que quelqu’un d’autre manipule mes photos, et j’ai découvert avec le numérique quelque chose qui s’apparentait au travail dans la chambre noire, c’est-à-dire d’améliorer, et non pas de modifier, mes créations pour qu’elles correspondent au plus près à ce que je souhaitais», explique-t-il. D’ailleurs, pour la couverture de Fugues du mois d’octobre, le photographe a conservé cette caractéristique d’être en charge de toutes les étapes de la réalisation jusqu’au produit final.


    Même si on reconnaît chaque œuvre de Robert Laliberté par son style, avec la rétrospective qui s’étend sur 35 ans et présentée à l’Écomusée du fier monde, on en percevra bien sûr l’évolution. Le nu masculin occupe une part importante de son travail et lui a apporté la notoriété. « Dans les statistiques sur mon site Web, on s’aperçoit que c’est la catégorie des nus masculins qui est le plus visité, par rapport aux autres sections comme celle des portraits, celle des personnes âgées, celle sur mon chien ou encore celle sur des prises de rues, ajoute Robert Laliberté, et c’est aussi par ses photos d’hommes que je suis représenté dans une galerie de New York». Et il y a aussi de bonnes surprises pour celui qui a aussi immortaliser des personnalités. «Il y aura au mois de novembre prochain, une exposition de photos de René Lévesque au Musée de la civilisation de Québec et l’on m’a demandé un portrait que j’avais fait de lui, si je me souviens bien, quelques mois avant sa mort, continue-t-il, et j’ai effectivement accepté».


    Dans la communauté gaie, Robert Laliberté s’est fait connaître, non seulement par la direction artistique des magasins Priape, mais principalement par ses couvertures de Fugues depuis presque les tous débuts du mensuels. «J’ai réalisé 140 couvertures du mensuel, avance Robert Laliberté, et je ne crois pas que beaucoup de photographes puissent afficher un tel record au cours de leur carrière». Il en signe une 141e avec le numéro d’octobre de Fugues et pourquoi pas quelques autres dans les années à venir. En fait l’homme veut aujourd’hui du temps pour ses projets personnels. «J’ai dans mes archives, je ne sais combien de photos qui n’ont pas été publiées et sur lesquelles j’aimerais
    aujourd’hui passer du temps, peut-être pour une exposition à venir. Entre autres, beaucoup de photos de nus masculins qui trouveraient évidemment un public».


    La conversation dérive tranquillement sur la question du temps et de la constance, entendre qu’une œuvre pour durer doit se construire petit à petit, puis on parle de son chien qui a été un de ses fidèles modèles, mais aussi d’un projet de grande envergure qui lui tient à cœur depuis 35 ans. Il espère le finir en 2024 et ne veut rien dévoiler pour l’instant. Un seul mot est lâché : portrait. Robert Laliberté n’en dira pas plus. Photographe, acteur et témoin de nos communautés depuis toujours, l’exposition qui se tiendra à l’Écomusée du fier monde, et dont les ventes de photos seront remises aux AGQ, sera un moment particulier de se rendre compte du chemin parcouru par ce grand créateur, dont on est sûr qu’il nous surprendra encore puisqu’il ne se sépare jamais de son appareil photo.


    INFOS | ROBERT LALIBERTÉ PHOTOGRAPHE
    T. 514-523-0107 
    www.robertlaliberte.com

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