Samedi, 26 novembre 2022
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    L’expo Cannapix, comment mieux aider les jeunes LGBTQ+ avec des problèmes de santé mentale

    Cannapix ? Non, ce n’est pas un nouveau nom de canapé, ce n’est pas non plus une nouvelle appellation de cannabis à la SQDC. Mais bon, on s’en rapproche puisqu’il y a, effectivement, la base du mot «cannabis». Alors il y a cannabis et «pix», pour photos. Il s’agit d’une exposition de photos par et pour les jeunes LGBTQ+ sur le cannabis et la santé mentale. C’est la galerie La P’tite porte (1122, de Maisonneuve Est) qui accueille cette exposition-là d’une quarantaine de photos, du 10 au 20 novembre, de 13h à 18h.

    Après avoir reçu tour à tour Mado, Dave Lavoie et Bobby Austin, voici que cette galerie d’art ouvre ses portes à un projet un peu spécial issu d’une recherche d’une équipe de l’Université de Montréal, tous LGBTQ+, sur 46 jeunes LGBTQ+ de 15 à 24 ans et prenant régulièrement du cannabis.

    «Ce sont des jeunes qui consomment du cannabis et qui ont des enjeux de santé mentale. […] Mais c’est complexe. La personne peut se tourner vers le cannabis pour gérer ses problèmes de santé mentale qui sont souvent liés à de la stigmatisation, de la discrimination, etc., que peuvent vivre ces jeunes dans leur environnement. Dans ce contexte-là, on a demandé aux jeunes de prendre des photos qui reflètent leurs diverses expériences, et c’est ce qui est présenté dans cette exposition-là», souligne Olivier Ferlatte, Ph.D., qui est le chercheur principal de ce projet.

    Quatre thèmes sont ici abordés : l’utilisation du cannabis pour s’apaiser, l’utilisation du cannabis pour réfléchir et faire de l’introspection, les effets négatifs de la consommation, et les enjeux de santé mentale.

    PHOTO : Quand on fume on forme de nouvelles connexions…

    «On invite les gens à venir découvrir les perspectives de ces jeunes. Ces jeunes LGBTQ+ se tournent vers le cannabis de manière à se libérer des normes sociales et pouvoir vivre leur identité sexuelle ou de genre» , poursuit Olivier Ferlatte qui est professeur adjoint au département de médecine sociale et préventive de l’École de santé publique de l’Université de Montréal et chercheur régulier au Centre de Recherche en Santé Publique (CreSP). 

    Y a-t-il eu des surprises lorsqu’on a interrogé ces jeunes-là ? «Oui, et on était loin des stéréotypes normalement véhiculés sur les jeunes qui consomment, explique Olivier Ferlatte. Ce n’était pas pour se ‘’geler’’ ou ‘’s’échapper’’, mais la consommation leur permettait de faire de l’introspection, de réfléchir à leur identité de genre ou sexuelle. C’est ce qui nous a surpris et qu’on ne voit pas dans les recherches habituelles sur les jeunes et le cannabis.» 

    «C’est un projet par et pour des personnes LGBTQ+, indique Olivier Ferlatte. Le cannabis demeure une manière pour ces jeunes de faire face à la stigmatisation, c’est l’enjeu principal. L’aspect positif de la recherche était que les jeunes étaient plus à l’aise de parler de leur vécu et de leurs expériences à d’autres personnes LGBTQ+.»

    Cette étude a été menée pendant la pandémie, mais pas pendant les périodes de confinement. «Mais les mesures sanitaires ont eu des effets sur la santé mentale de ces jeunes», de dire Olivier Ferlatte.

    Aucune recherche n’est menée que pour le plaisir, c’est évident. Surtout dans un tel cas. «Premièrement, il s’agit de trouver des moyens de mieux aider ces jeunes-là, note ce chercheur. Donc, comment adapter des services en santé mentale et de réduction des méfaits qui s’adressent à ces jeunes-là en particulier ? Ces jeunes peuvent développer une dépendance au cannabis ou encore subir des périodes de dépression. Comment les aider ? […] On espère sensibiliser les intervenants pour adapter les services en santé mentale pour rejoindre cette population de jeunes qui vit avec des enjeux qui ne sont pas les mêmes que pour des jeunes qui ne sont pas LGBTQ+. On le répète, ces jeunes peuvent vivre avec des problèmes de discrimination, de stigmatisation que d’autres jeunes n’ont pas à vivre. Ils vivent d’autres problèmes oui, mais pas ceux-ci qui sont plus profonds chez ces jeunes LGBTQ+.» 

    Généralement, les jeunes de l’étude ont consommé du cannabis sous la forme habituelle, en la fumant et non sous forme d’huile. Lors de cette exposition, comme on ne pouvait pas présenter toutes les photos prises par ces jeunes, un moniteur partagera plus de photos encore. Et un livre est aussi en préparation sur l’exposition, la recherche et les expériences des jeunes. Cette recherche est financée en partie par la Commission de la santé mentale du Canada.

    INFOS | qollab.ca/expo-cannapix

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