Jeudi, 25 avril 2024
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    Cassandro, la drag peut être un sport de contact !

    Bienvenue dans l’univers de la lucha libre (appelée « lutte mexicaine », au Québec) où les masques colorés, le spectaculaire et les vols planés sont monnaie courante. Moins connue cependant est l’existence des exóticos : des luchadors (lutteurs masculins) qui intègrent des éléments féminins à leurs personnages pour mieux ridiculiser le machisme de leurs adversaires.

    Drame biographique basé sur la carrière de Saúl Armendáriz (interprété de main de maître par Gael García Bernal), le film Cassandro nous entraîne à la fin des années 80 à El Paso (Texas), où Saúl tente de se tailler une place dans l’arène de la lucha libre. Il entretient une passion pour cet art burlesque de la lutte, mais y trouve également un moyen de subvenir aux besoins de sa mère. Malheureusement, le succès se fait attendre puisque son avatar au costume peu engageant — El Topo (la Taupe) — ne suscite que peu d’intérêt.

    Saúl décide alors d’assumer pleinement ce qu’il est, à visage découvert, dans un univers aux codes masculins extrêmement marqués, et de devenir un exótico sous le nom de Cassandro. Il fait ainsi de son orientation sexuelle une arme redoutable qui lui permet de ridiculiser ses adversaires. On assiste à sa progression sur le ring au rythme de combats de plus en plus flamboyants, où il exhorte même la foule à continuer de l’insulter à coup de « tapettes » : une injure qu’il accueille au contraire comme un compliment, désarçonnant ainsi ses adversaires. Alors même que le scénario des combats impose généralement à l’exótico de perdre, la popularité de Cassandro est telle qu’il s’impose bientôt comme
    un gagnant !

    Le film présente également deux autres figures masculines d’importance. Un père manquant, déjà marié, qui le maintient à distance et dont l’absence est soulignée par des prises de vue se limitant généralement à sa nuque. Sa vie amoureuse est aussi au cœur du récit en la personne de Geraldo, un lutteur portant le nom très évocateur d’El Comandante (très séduisant Raúl Castillo), qui tente de concilier son désir pour Saúl et la façade d’homme marié qu’il souhaite désespérément maintenir. La relation entre les deux hommes donne d’ailleurs droit à plusieurs scènes à la fois sensuelles et émouvantes.

    Le film de Roger Ross Williams présente une réalisation très dynamique, notamment au cœur de scènes de combat épiques, et compense une photographie relativement terne par des mouvements de caméra ingénieux. C’est notamment le cas d’une formidable scène, qui n’est pas sans évoquer le Spiderman 2 de Sam Raimi, où Cassandro est porté par une foule en liesse.

    Bref, contrairement à ce qu’a déjà affirmé RuPaul, lorsque Mimi Imfurst a soulevé de terre India Ferrah dans le quatrième épisode de la saison 3 de RuPaul’s Drag Race, la drag peut être un sport de contact.

    INFOS | Cassandro est présenté sur PrimeTV en anglais et dans un très bon doublage français.

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