Dimanche, 19 mai 2024
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    L’intimidation LGBTQ-phobe : mieux la comprendre pour mieux la contrer

    Dans un monde où l’acceptation devrait être la norme, la triste réalité persiste : les personnes LGBTQ2+ continuent de vivre du harcèlement, de l’intimidation et des violences interpersonnelles dans des proportions plus élevées que la population générale.

    Les données représentatives les plus récentes de l’Institut de la statistique du Québec (2022-2023) révèlent que dans l’ensemble des contextes examinés dans l’étude (travail, école, en ligne, autres contextes), les proportions de personnes qui ont vécu de l’intimidation ou du harcèlement sur une base mensuelle étaient significativement plus élevées chez les personnes LGB+ que chez les personnes hétérosexuelles (28 % c. 10 %). Chez les personnes transgenres ou non binaires, le tiers (34 %) avaient vécu de l’intimidation ou du harcèlement sur une base mensuelle au Québec au cours des 12 mois précédant l’étude, comparativement à 11 % des personnes cisgenres. Ces chiffres glaciaux ne sont pas juste des statistiques, ils sont l’écho des souffrances silencieuses qui résonnent à travers les murs des écoles et des lieux de travail, entre autres.

    Résilientes, les personnes et les communautés LGBTQ2+ ont appris à composer avec ces expériences et à développer des forces qui leur permettent de mieux vivre avec ces cicatrices qui marquent souvent profondément leur parcours. Néanmoins, certains groupes sont particulièrement vulnérables à l’intimidation et au harcèlement. C’est particulièrement le cas des jeunes, chez qui on observe les taux les plus élevés de violences, notamment sous la forme d’intimidation. Selon Statistique Canada, 77 % des jeunes de la diversité sexuelle et de genre avaient vécu de l’intimidation en 2019, contre 69 % des autres. L’Institut de la statistique du Québec a aussi montré que plus le nombre de facteurs identitaires ou sociétaux qu’une personne présente est élevé (par ex., être une femme ou une personne non binaire, être lesbienne, gai ou bisexuel, être trans, être autochtone ou de minorité visible, être en situation de handicap, etc.), plus elle est susceptible de vivre de l’intimidation ou du harcèlement.

    Ce portrait accablant confirme que l’homophobie, la lesbophobie, la biphobie et la transphobie marquent encore nos vies, et ce, à tous les âges de la vie. On pourrait même se demander si ce n’est pas un peu plus le cas qu’avant si on en juge par un contexte social et politique marqué par des discours de plus en plus hostiles à la diversité sexuelle et de genre. C’est la raison pour laquelle la Chaire de recherche sur la diversité sexuelle et la pluralité des genres de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) cherche à approfondir notre compréhension de l’intimidation et de la cyberintimidation vécues par les personnes LGBTQ2+ au travail, à l’école et dans les communautés pour soutenir la sensibilisation des décideurs aux spécificités et les efforts de prévention. Chaque personne compte, chaque expérience est précieuse. En participant à un court sondage (12 minutes en moyenne), vous nous aidez à produire des données qui contribueront à influencer les politiques contre l’intimidation et la cyberintimidation au Québec.

    Pour participer : tinyurl.com/relationsLGBTQ

    Martin Blais, Chaire de recherche sur la diversité sexuelle et la pluralité des genres, UQAM

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