Après le « scandale » occasionné par l’ouverture du Metropolitan Opera ainsi que les débâcles financières de vieilles fortunes, la saison 3 de « The Gilded Age » (L’âge doré) s’ouvre sur une année 1884 qui s’annonce riche en promesses comme en déconvenues.
Le chaos règne chez les Brook alors qu’Agnes (Christine Baranski) refuse d’accepter une réalité qui lui semble inconcevable : elle ne contrôle plus les cordons de la bourse depuis qu’Oscar (Blake Ritson), son fils secrètement gai, l’a conduite à la ruine. En plus de vivre aux crochets de sa sœur Ada (Cynthia Nixon), elle doit composer avec une nouvelle passion de cette dernière : la ligue de tempérance. Des chamailleries toujours délicieuses à observer!
Du côté des Russel, Bertha (Carrie Coon) cherche à assurer l’avenir de sa fille en manigançant pour qu’elle épouse le duc de Buckingham, réduisant celle-ci à un simple pion sur l’échiquier de ses propres ambitions. Son époux, dans une intrigue qui n’est pas sans rappeler le « Il était une fois dans l’Ouest » de Sergio Leone, souhaite mettre en place un chemin de fer qui traversera le territoire étatsunien. Les risques financiers sont cependant titanesques! Aurora Fane (Kelli O’Hara) est consternée d’apprendre que Charles, son époux, souhaite divorcer. L’enjeu n’est pas tant la fin de leur union que l’opprobre social qui y est associé. Cette nouvelle saison de la série se positionne ainsi autour du corset moral très serré imposé à chacun, plus particulièrement aux femmes. Rappelons qu’à l’époque, le scandale du Salon de Paris tenait en l’indignité d’une peinture présentant une bretelle glissant négligemment sur l’épaule d’une jeune fille.
Ainsi, alors que Charles peut promener en toute impunité sa maîtresse en public, Aurora subit le joug de regards accusateurs. De même pour les domestiques qui voient d’un très mauvais œil que l’un d’eux puisse aspirer à mieux ou Peggy Scott (Denée Benton), une écrivaine afrodescendante, confrontée à un médecin qui ne soigne pas des gens comme « elle ». Jusqu’à maintenant, Oscar professait que le seul salut à sa « condition de sodomite » tenait en un mariage avec une femme du monde. Maintenant ruiné, il est réduit à l’état de paria en qui personne n’accorde plus sa confiance. Personne à l’exception de John Adams (Claybourne Elder) qui lui a déjà professé son amour.
Il est encore trop tôt pour déterminer quelle orientation la série empruntera, mais on peut espérer que, dans les limites d’une époque bigote, Oscar saura enfin affronter ses craintes et le regard des autres.Qualifié de « Downtown Abey » américain (les deux séries ont le même créateur : Julian Fellowes), la série navigue avec adresse entre le drame et l’humour en maintenant un ton sémillant où les enjeux se révèlent bien souvent à travers des gestes qui nous semblent aujourd’hui anodins, mais se révèlent impensables aux protagonistes de l’époque. Le tout se révèle particulièrement jouissif à observer alors que chacun tente de préserver son vernis social à travers diverses magouilles et que ceux qui s’en balancent suscitent la plus grande réprobation, voire même le scandale!
INFOS | Les huit épisodes de la saison 3 de « The Gilded Age » (L’âge doré) sont disponibles en anglais et dans un excellent doublage français sur Crave et Super Écran.

