Dès les premières secondes, le concept intrigue : une héroïne se retrouve face à un défi inédit, lutter contre l’ultime menace… le bonheur et la paix absolus! Créée par Vince Gilligan, le créateur de « Breaking Bad, la série s’ouvre sur un compte à rebours énigmatique, annonciateur d’un événement exceptionnel. Une mystérieuse transmission venue des confins de l’univers agite la communauté scientifique, qui s’efforce d’en percer le sens.
En parallèle, on suit Carol Sturka (Rhea Seehorn) une écrivaine désabusée, spécialisée dans les romans sentimentaux, confrontée à un public de lectrices en pâmoison. Heureusement, elle peut compter sur le soutien d’Helen, qui est à la fois son agente littéraire et sa conjointe. Alors même que Carol ventile sans retenue tout le dédain qu’elle ressent envers son propre travail, les deux femmes ignorent que les chercheurs ont finalement percé le secret du message et qu’un virus est en train de plonger la planète dans une parfaite euphorie où chacun est connecté à une conscience collective. Tout le monde? Non, puisqu’un milliard de personnes n’a pu supporter la transformation, parmi lesquelles Helen, et qu’une douzaine d’individus se sont révélés immunisés.
Carol se retrouve alors confrontée à l’angoisse d’une humanité entière qui, unanimement, lui assure qu’elle mettra tout en œuvre pour remédier à sa « condition ». Le premier épisode est anxiogène à souhait, alors que Carol fait face à une situation cauchemardesque clairement inspirée du film « Invasion of the Body Snatchers » (L’Invasion des profanateurs).
Pourtant, la série ne s’inscrit pas dans le registre de l’action, mais navigue plutôt à mi-chemin entre la science-fiction, le thriller et la satire sociale. Le ton est d’ailleurs rapidement donné alors que Carol assène ses quatre vérités à la poignée d’immunisés. Là où plusieurs s’accrochent à l’idée que leurs proches « n’ont pas changé », elle fait montre d’une lucidité jouissive, tournant en bourrique une mère en lui révélant que son chaste et pur fils de 10 ans est également et sans distinction, son mari, son gynécologue et le président des États-Unis. Elle réalise par ailleurs bien vite que, derrière cette façade de bonheur collectif se cache la disparition de ce qui fait l’humain : le doute, la colère et la liberté de penser autrement.
Carol parviendra-t-elle à résister à une humanité étouffante de bienveillance? Est-il possible de lui faire retrouver ses imperfections? L’euphorie collective est-elle le résultat d’une arme de destruction massive lancée par des extraterrestres hostiles, ou ces derniers ont-ils disparu eux-mêmes depuis des millénaires ? C’est que nous verrons au fil des épisodes d’une série qui s’annonce déjà comme le grand succès de 2025, puisqu’elle affiche présentement un score parfait de 100% sur Rotten Tomatoes et qu’elle a déjà été renouvelée pour une seconde saison.
INFOS | Les neuf épisodes de « Pluribus » sont diffusés, en anglais et dans un excellent doublage français réalisé au Québec, sur Apple TV.

