Un an après avoir gagné son premier prix Gémeaux pour sa performance dans la série « T-Rex », Tom-Éliot Girard revient dans nos écrans avec un rôle dans la série « Bonne nuit Chuck », la suite de « Bon matin Chuck ». L’acteur et chanteur a mis à profit tous ses talents en interprétant un rappeur autodestructeur qui est nul autre que le fils du personnage principal.
Étais-tu déjà fan de Bon matin Chuck?
Tom-Éliot Girard : J’ai regardé la première saison juste avant d’auditionner, parce que le projet s’est présenté à la dernière minute. Je n’étais pas pressenti pour auditionner, mais j’avais entendu parler du rôle et d’acteurs qui cherchaient des coachs de rap à Montréal. Quand j’ai gagné mon prix Gémeaux l’an dernier, j’ai rencontré des gens après la cérémonie. Le lendemain, la demande d’audition est rentrée, et elle avait lieu trois jours après.
J’ai préparé mon audition avec un morceau de rap en très peu de temps et j’ai visionné la première saison pour comprendre le ton de la série. Je suis tombé en amour avec les personnages et la direction artistique. Ça faisait longtemps que j’avais envie de faire des projets différents comme celui-là et qu’on me fasse confiance avec des partitions complexes.
Comment décris-tu ton personnage?
Tom-Éliot Girard : On rencontre Zach quand il est au fond du baril. C’est un artiste très sensible, un rappeur qui évolue dans les rues de Québec. Au début, on le découvre quand il entre dans un centre de désintox pour se reprendre en main. Il va croiser plein de gens qui le challengent beaucoup, dont Chuck (Nicolas Pinson). À ce moment-là, il n’est pas au courant qu’ils ont un lien de parenté.
Quels sont les enjeux de Zach?
Tom-Éliot Girard : La relation avec sa mère est complexe. Il consomme beaucoup. Il rêve de faire carrière en musique, mais ça se passe très mal. Tout autour de lui est en train de s’effondrer. Quand il rencontre Chuck, c’est le meilleur moment pour que ça se passe et le pire en même temps. Ça le chamboule. On va voir s’il est outillé pour gérer ça ou non. Il y a tellement de couches intéressantes à jouer.
Quel était le plus gros défi dans la création de ton personnage?
Tom-Éliot Girard : De mettre la pression de performance de côté. Comme acteur, j’essaie un peu trop que tout soit parfait, mais pour jouer un personnage comme lui, il fallait accepter que certaines choses soient tout croches et laisser de la place pour essayer des affaires. Il y a trop d’éléments à considérer pour arriver sur le plateau avec la scène entièrement préparée dans ta tête. Quand je devais faire un rap battle sur du crack, je ne voulais pas que ce soit caricatural, mais qu’on comprenne la douleur qui le pousse à être dans cet état. Il vit tout ce qu’il a en-dedans à travers sa musique et ses textes. Bref, je me suis surpris à me laisser beaucoup de liberté sur le plateau. Ça a beaucoup payé.
À quel point le rap est loin du chanteur en toi?
Tom-Éliot Girard : Mon cerveau est musical, mais sans avoir les réflexes d’un rappeur. Surtout que ça se passe dans la scène street de Limoilou avec les rap battles impliquant des figurants qui sont des personnes réellement issues de ce milieu-là. Je ne pouvais pas me planter! Il était hors de question que je sois le petit gars de Montréal qui vient faire son show pour leur montrer comment je rap. Je voulais que ce soit vrai. Il fallait que ça sonne comme Zach, alors je devais défaire mes mécanismes de Tom-Éliot le chanteur. J’ai changé ma voix dans le rap et dans le jeu. Je me suis fait coacher par Rymz et j’ai fait beaucoup de recherches.
Ton personnage est un jeune rappeur charismatique et autodestructeur. Ça ressemble à certains rôles que ton frère Sam-Éloi a joués récemment. Avez-vous le même casting?
Tom-Éliot Girardd : À priori, on a un casting qui peut sembler similaire. Sam a aussi
auditionné pour le projet, mais en général, les équipes de production se rendent vite compte qu’on apporte des choses très différentes. Si Sam avait joué Zach, il aurait été excellent, mais très différent. On a des forces complémentaires. Les gens croient souvent qu’on se compare, mais pas du tout. Quand j’ai obtenu le rôle, on s’est tapé dans la main. Même chose pour les projets dans lesquels il tourne présentement et pour lesquels j’avais auditionné : quand j’ai vu qu’il avait les rôles, je comprenais et j’étais content pour lui.
Il y a un an, vous avez gagné des trophées aux Gémeaux. À quoi ressemble votre dynamique face au travail?
Tom-Éliot Girard : C’est très chill! On s’est vite rendu compte que si on était dans la compétition, on serait malheureux longtemps. En plus, on travaille dans le milieu depuis qu’on a dix ans. Ça ne sert à rien d’en vouloir à l’autre ou de désirer ce que l’autre a. Nous, on se voit comme des entités distinctes. On est fier de ce que l’autre accomplit. On vit de grandes choses et on est chanceux de vivre ça. Quand on a gagné nos prix, je me rappellerai toujours le regard qu’on s’est lancé. Gagner un Gémeau après son frère, back à back, la même soirée, je ne comprenais rien! On s’est serré dans nos bras. C’était tellement fou de vivre ça avec sa famille!
Ça fait deux ans qu’on te voit moins en animation et en musique. Est-ce un concours de circonstances ou un choix de te concentrer sur le jeu?
Tom-Éliot Girard : Ça fait longtemps que j’ai envie que les gens me reconnaissent comme un acteur. Je suis rendu à un point dans ma carrière où je suis plus à l’aise et où on me fait de plus en plus confiance. C’est probablement ça qui apporte plus de projets de jeu devant la caméra, mais ça reste un métier fait de vagues. Je travaille en parallèle sur ma musique pour lancer un EP éventuellement.
INFOS | Vous pouvez suivre Tom-Éliot via sa page Instagram :
https://www.instagram.com/tom.eliot
La série BONNE NUIT CHUCK de huit épisodes sera offerte sur Crave dès l’automne.

