Samedi, 2 mai 2026
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    AJ Ogilvy fait son coming out après sa retraite : «Je n’ai pas vécu aussi authentiquement que j’aurais pu»

    L’ex-centre vedette de la National Basketball League (NBL) AJ (Andrew) Ogilvy, aujourd’hui âgé de 37 ans, a publiquement révélé être gai — une annonce faite dans une conversation filmée avec Isaac Humphries, seul joueur ouvertement gai encore actif dans la ligue. L’entrevue a été diffusée à la veille du Pride Round de la NBL, qui se déroule cette année du 21 janvier au 1er février 2026. 

    Ogilvy, figure bien connue des partisans australiens, a disputé 218 matchs dans la NBL, notamment avec les Sydney Kings et les Illawarra Hawks. Il a aussi porté les couleurs de la ligue à l’international, avant de tirer sa révérence en 2022. 

    « Deux vies » parallèles
    Au fil de l’entretien, l’ancien joueur revient sur ce que plusieurs athlètes LGBTQ+ décrivent encore aujourd’hui : la pression de compartimenter son existence, de protéger son intimité, parfois au prix d’un inconfort constant. Ogilvy raconte notamment avoir entretenu deux comptes de réseaux sociaux durant sa carrière : l’un consacré au basketball, l’autre réservé à un cercle restreint d’ami·e·s, où il pouvait être plus lui-même. 

    « Pendant longtemps, je croyais que, pour être basketteur, je devais avoir l’air hétéro », confie-t-il, en expliquant ce réflexe de “présentation” imposée — une stratégie de survie sociale plus qu’un choix. 

    Même si certains coéquipiers « probablement savaient », dit-il, le sujet n’a jamais été nommé clairement dans le vestiaire. « Rien n’a jamais été explicitement dit », ajoute Ogilvy, décrivant ce non-dit comme une zone grise où l’on devine, mais où l’on n’ose pas affirmer. 

    Marié depuis 18 mois
    L’ex-joueur révèle aussi un pan très concret de sa vie d’aujourd’hui : il est marié depuis près de 18 mois. Sa relation a commencé alors qu’il jouait encore, et il explique avoir rencontré son mari pendant son passage à Sydney. 

    Dans l’entretien, Ogilvy résume avec lucidité ce que cette retenue lui a coûté : « Je n’ai probablement pas vécu aussi authentiquement que j’aurais pu », particulièrement durant ses années NBL. 

    Humphries salue « la visibilité » qui fait avancer la ligue
    En face de lui, Isaac Humphries — qui a fait son coming out en 2022 — insiste sur l’importance de ces prises de parole, surtout dans un sport où les modèles masculins LGBTQ+ demeurent rares. « Cette visibilité et cette acceptation sont vraiment importantes », dit-il, voyant dans le geste d’Ogilvy un signal de plus que la culture de la ligue bouge. 

    Le Pride Round, désormais à sa quatrième édition, se veut justement une vitrine d’initiatives portées par les clubs : inclusion, éducation, actions communautaires dans les arénas et autour des matchs. 

    La NBL martèle son message : « tout le monde est bienvenu »
    Du côté de la direction, la ligue continue de présenter cette période comme un engagement clair. Dans une communication de la NBL autour de son Pride Round, le chef de la direction David Stevenson affirme que la ligue « se targue de célébrer l’inclusion, la diversité et la communauté LGBTQ » et insiste sur la volonté de maintenir un environnement « sûr » et accessible. 

    Pour Ogilvy, l’enjeu dépasse son cas personnel : « Il y a maintenant une place pour avoir cette conversation », dit-il, en parlant d’un espace où l’on peut enfin nommer les choses sans craindre que ça devienne une distraction — ou un risque de carrière. 

    À l’approche du Pride Round 2026, cette sortie publique ajoute une voix de plus — celle d’un ex-joueur respecté, marié, prêt à raconter les mécanismes de silence — et rappelle que, même dans les ligues dites “progressistes”, la visibilité reste souvent une conquête, pas un acquis.

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