Lundi, 11 mai 2026
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    Un rapport historique du Vatican reconnaît la souffrance des catholiques LGBTQ+

    Pour la première fois de son histoire récente, le Vatican reconnaît explicitement la « souffrance profonde » vécue par de nombreux catholiques LGBTQ+, notamment à travers les thérapies de conversion. Cette prise de position, contenue dans un nouveau rapport synodal publié le 5 mai, marque une avancée importante dans les relations entre l’Église catholique et les communautés LGBTQ+.

    Le document, considéré comme historique par plusieurs observateurs, donne la parole à deux hommes gais catholiques — l’un des États-Unis, l’autre du Portugal — tous deux mariés à des partenaires de même sexe et ayant vécu des expériences liées aux thérapies dites de « conversion ».

    Le participant américain raconte avoir été impliqué dans Courage, une organisation catholique qui encourage l’abstinence chez les personnes attirées par des individus du même sexe. Sans condamner formellement ces pratiques, le rapport qualifie néanmoins l’approche du groupe de « problématique ».

    Le texte souligne également les effets nocifs des attitudes homophobes et transphobes au sein de certaines communautés chrétiennes. « Le rapport met en lumière les nombreux malentendus enracinés dans l’homophobie et la transphobie », peut-on y lire.

    De son côté, le participant portugais explique avoir été encouragé par l’Église à épouser une femme afin de « retrouver la paix ». Il témoigne des « effets dévastateurs des thérapies réparatrices visant à restaurer l’hétérosexualité ». Ce n’est qu’après avoir rejoint une communauté chrétienne inspirée de la spiritualité ignatienne qu’il a cessé de se sentir isolé dans sa foi.

    Le rapport affirme que cette expérience mène à une réflexion théologique importante : « Le péché, à sa racine, ne réside pas dans la relation de couple entre personnes du même sexe, mais dans le manque de foi en un Dieu qui souhaite notre épanouissement. »

    Dans son ensemble, le document plaide pour une plus grande inclusion des catholiques LGBTQ+ et reconnaît que les tentatives de « réparer » leur orientation sexuelle ont provoqué « une souffrance profonde, des blessures personnelles et des expériences de marginalisation ou de double vie ».

    Cette ouverture prudente mais significative a été saluée par plusieurs figures LGBTQ+ influentes au sein de l’Église catholique.

    Le père James Martin, fondateur du ministère catholique LGBTQ+ Outreach, estime que le rapport représente « une étape importante dans la relation entre l’Église et la communauté LGBTQ+ ». Interrogé par Religion News Service, il a souligné le caractère inédit du document : « C’est la première fois, à ma connaissance, qu’une publication officielle du Vatican présente de manière aussi détaillée les témoignages de catholiques LGBTQ+. »

    Même son de cloche du côté de Yunuen Trujillo, ministre laïque lesbienne basée à Los Angeles, qui qualifie le texte de « document historique ». Selon elle, le rapport encourage les catholiques à entreprendre « un processus de discernement respectueux des expériences vécues des personnes LGBTQ+ ».

    Bien que le Vatican demeure loin d’un changement doctrinal majeur concernant les unions entre personnes de même sexe, cette reconnaissance explicite des traumatismes causés par les thérapies de conversion et par certaines attitudes pastorales constitue un geste inédit. Pour plusieurs croyant·e·s LGBTQ+, il s’agit d’un signal d’écoute et d’ouverture qui aurait été impensable il y a encore quelques années.

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