Samedi, 31 juillet 2021
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    «Les Boule Roses» : l’hommage à l’œuvre de Claude Cormier et au Village

    Une vieille dame lit un journal par-dessus l’épaule d’un homme assis à un café; un couple de lesbiennes, dont une d’entre elles est enceinte, regarde leur fille lécher une crème glacée; dans un resto, plusieurs personnes sont attablées pour savourer de façon synchronisée; le soir, les oiseaux de nuit prennent la relève alors que deux jeunes tourteraux semblent célébrer leur mariage et que Mado joue à la reine entourée de ses drag queens… Toutes des images aux teintes rosées et pastels omniprésentes.

    Les fameuses boules roses suspendues, une création de l’architecte paysagiste de renom Claude Cormier font le lien entre les différents tableaux, le tout au rythme du groupe montréalais électro Groenland. C’est, entre autres, ces différentes réalités que peint avec doigté cette vidéo sympathique intitulée Les Boules roses du réalisateur Lezz (Olivier Lessard), qui en a également fait la scénarisation et la conception avec Jean-Philippe Brochu. Le clip est présentement sur viméo, youtube et sur Fugues.com.

     En quelques minutes à peine, il y a l’idée de présenter le Village gai de Montréal sous plusieurs aspects : son ambiance détendue grâce à la piétonnisation Aires Libres, son ouverture bien connue, la présence de professionnels durant le jour, son côté festif et sexy la nuit.

    «Le film commence tôt le matin avec un homme d’affaires, puis les enfants, les gens de la Rive-Sud qui viennent y souper puis, finalement, le night life avec ses danseurs. Il était important pour moi de présenter toutes les facettes du Village, de sortir du stéréotype un peu “ghetto” que se construisent souvent les gens de l’extérieur du Village. Le Village, c’est en effet une communauté LGBT riche et unique en Amérique, mais c’est également un véritable village, où toutes sortes de gens se côtoient, se rencontrent et évoluent. Nous étions également intéressés a intégrer certains côtés moins roses — sans faire de mauvais jeu de mot — du quartier. Des clins d’œil au sida et aux prostitués notamment sont intégrés, de façon subtile, mais compréhensible à qui veut les voir», commente Olivier Lessard.

    On n’oublie pas les personnes qui sont décédées des suites du sida, avec la présence de la Faucheuse dans le parc de l’Espoir. Les superbes prises de vues des boules roses, captées sous plusieurs angles et à différentes heures du jour et de la nuit, nous les font découvrir sous un autre jour et ponctuent cette œuvre de manière poétique. 

    Ce film a été tourné en juin par Ubique Media pour le compte de la Société de développement commercial (SDC) du Village, avec la collaboration de plusieurs commerçants. Ubique est un collectif de créateurs qui travaillent dans le milieu de la pu-blicité et de l’art, intégrant la création de sites internet, la réalisation de vidéos d’art ou corporatifs et de campagnes publicitaires. Un effort impressionnant a été apporté à son esthétisme. Les cadres serrés soutirent une émotion tactile décuplée par l’usage du ralenti et de gros plans de visages. Le tout est rehaussé par de très beaux éclairages, des couleurs et des teintes pastels qui virent au rose. 

    «L’objectif était pour nous de présenter l’œuvre de Cormier dans toute sa grandeur, mais également d’y dresser un portrait du village. Les Boules roses, œuvre d’envergure s’étalant sur plus d’un kilomètre, est indissociable du quartier et de la faune qui y réside, y travaille, y sort ou s’y amuse. Manifestation artistique et écologique, l’œuvre s’incarne et prend vie au cœur de l’un des quartiers les plus colorés de la métropole : le Village. Très mouvementé, le quartier, traversé par l’œuvre, est un microcosme où se manifeste toute la pluralité de l’urbanité moderne», de dire M. Lessard. 

    Mais comment arriver à montrer cette installation située au-dessus de la tête des visiteurs? «Dans un premier temps nous étions désireux de présenter l’œuvre en tant que tel, poursuit le réalisateur. De démontrer son envergure, la place qu’elle occupe pour les passants. Nous avons donc opté, dès le début, pour un traitement tout en travellings, toujours en mouvement, qui représente le «marcheur» qui découvre la structure.» 

    À l’image de l’œuvre de Claude Cormier, le film d’Ubique est un projet un peu fou, qui démontre une fois de plus qu’il y a bien de la créativité à Montréal… «et surtout dans la communauté LGBT», d’ajouter Bernard Plante, directeur général de la SDC du Village. 

    «En bout de piste, je suis très fier du résultat. Je crois que nous avons su, au travers d’un projet à la base plutôt promotionnel, intégrer une dose d’humanité et de poésie, bercée par l’œuvre de Claude Cormier, qui offre un regard ouvert sur le Village, accessible à tous», souligne M. Lessard en terminant. 

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