Mardi, 28 septembre 2021
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    Plongée littéraire queer dans le monde des raves

    Avec son premier livre, Les carnets de l’underground, Gabriel Cholette propose aux lecteurs une virée endiablée – et sans tabou – dans l’univers des raves, des sex party et des dark rooms, de Montréal à Berlin, en passant par Manhattan, Paris et… les chutes Sainte-Marguerite.

    Chargé de cours et doctorant à l’Université de Montréal, l’auteur fait son entrée dans le monde littéraire avec des histoires fragmentées, voire des impressions de ses expériences les plus folles, qu’il partageait auparavant sur un compte Instagram privé. Peu à peu, plusieurs de ses proches, fascinés par sa plume et ses histoires, l’ont encouragé à publier. « Ça explique la forme très intime du livre, un peu comme si je m’adressais à mes amis en ne cachant rien », explique-t-il. En effet, l’écrivain ne retient aucun détail, aucune expérience, aucune odeur, aucune saveur. Il débute même ses carnets en demandant aux lecteurs de ne pas envoyer le livre à sa mère. Pourtant, celle-ci a tout lu. « J’ai comme fait un deuxième coming out à ma mère en lui avouant que je prenais de la drogue.

    C’était un gros tabou que je m’imposais. Je lui ai dit que j’aimerais qu’on soit capable de profiter du lancement de mon premier livre ensemble, sans voir ça négativement. C’est ce qu’elle a fait. Mes parents sont de grands alliés dans tout ça. » En tant que lecteur, jamais on a l’impression qu’il s’est censuré de peur de choquer. « Je vais vraiment à fond dans tout ce qui s’est passé dans le monde du rave et j’essaie de regarder tous les angles ce qui m’est arrivé. Ça venait avec un mandat de non censure. »

    Le narrateur, qui est nul autre que Gabriel Cholette, touche et goutte à tout, les drogues autant que les hommes. Un modus operandi qui ne se résume pas à l’accumulation de partenaires sexuels. « Je cherchais l’amour très frontalement et une façon d’être bien avec moi-même dans cette quête constante de l’amour. » On se demande néanmoins s’il ne vivait pas à outrance dans le simple but d’avoir des histoires rocambolesques à raconter à son entourage. « Je ne suis pas pas comme les scénaristes dans Série noire : je ne cherche pas à vivre des choses pour les écrire. Par contre, je vis constamment le moment présent en me demandant comment je vais le raconter à mes amis. »

    Une habitude héritée, selon lui, des réseaux sociaux qui nous encouragent à être en représentation de nous-mêmes. Un comportement particulièrement présent dans la communauté lgbtq+, selon lui. « Les personnes queer le font plus que les autres communautés. On est beaucoup dans l’image et dans le regard des autres. Quand je marche sur la rue, je me sens observé. J’ai intégré ma différence de façon tellement profonde que j’ai l’impression que tout le monde me remarque. »

    Écrit avec un style qui fait des slaloms entre une langue proche de l’oralité et une écriture plus formelle, le livre témoigne de sa découverte des raves dans la mi-vingtaine, en plus de faire des détours dans ses souvenirs d’adolescent qui entre dans le « réseau des sluts », dans un bar bien connu du Village. Une époque qui lui semble bien lointaine ces jours-ci. « En confinement, il n’y a plus de hasard. On prend rendez-vous pour se parler sur Zoom. En relisant les carnets récemment, je retrouvais un monde où j’étais émerveillé par tout, les lumières du club, les outfits et le maquillage des gens. Je m’ennuie de pouvoir m’émerveiller spontanément. »

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