Lundi, 25 octobre 2021
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    Ottawa appelé à freiner l’expulsion d’un migrant bisexuel

    Des membres de la communauté LGBTQ de Montréal réclament l’«intervention d’urgence» d’Ottawa pour suspendre l’expulsion prévue lundi d’un migrant bisexuel dans son pays d’origine, la Jordanie. 

    Lors d’une conférence de presse samedi, Samer déclarait : « Il n’y aura pas de vie pour moi si je dois retourner là-bas. Je vais mourir.» Il était accompagné de Meryem Benslimane, administratrice du groupe Action LGBTQ avec les immigrants et réfugiés (AGIR), qui a rappelé qu’un fossé sépare les lois et la réalité en Jordanie, en ce qui concerne le traitement réservé aux bisexuels :

    « officiellement, la loi ne dit rien contre eux, mais la réalité est tout autre. Il peut y avoir des crimes d’honneur, et même des autorités et de la police. Souvent, le gouvernement canadien base sa décision sur la législation [du pays d’origine], mais nous savons que ce n’est pas la même situation dans la réalité. On demande aux autorités de stopper cette expulsion, de laisser Samer respirer et commencer une vie ici.»

    Le cabinet du ministre de la Sécurité publique, Bill Blair, s’est fait prudent. « Nous ne sommes pas en mesure de commenter les cas individuels en raison des lois sur la protection de la vie privée. Nous veillerons toujours à ce que le Canada demeure un pays accueillant pour ceux qui fuient la guerre et la persécution», a indiqué la porte-parole du ministre, Mary-Liz Power. Elle précise que «Toute personne faisant l’objet d’une mesure de renvoi bénéficie d’une procédure régulière, et les décisions sont prises au cas par cas, en fonction de tous les renseignements disponibles.» Cela dit, toute personne «peut demander à ce que son cas soit réexaminé avant l’expulsion», précise Mme Power. «Cela inclut la possibilité de demander à la Cour fédérale de procéder à un examen des risques avant renvoi. Les expulsions se poursuivent lorsqu’une décision finale a été rendue sur cette demande. Lorsque les voies légales ont été épuisées, on s’attend à ce que les individus respectent nos lois.»

    Une famille dangereuse
    Dans des lettres, le père et le frère de Samer ont soutenu que ce dernier a « fait honte à la famille » et fait clairement part de leur intention de le tuer à son retour au pays, suggérant qu’ils le brûleraient vif. « À mon fils honteux, Samer, j’écris cette lettre, remplie de colère et de honte devant tes actions honteuses, et je veux dire ton homosexualité », lui a écrit son père en 2015 dans une lettre déposée en Cour et dont l’authenticité a été certifiée. «Je te punirai, car selon la loi islamique, il est permis de te tuer.»

    « Ma famille a toutes les informations et sait exactement quand j’arriverai », a soutenu l’homme, en réitérant qu’il avait toutes les raisons de craindre pour sa vie. 

    La mère de Samer est aussi catégorique. «Son père et moi sommes séparés depuis longtemps. Mon fils Samer a été menacé par ses frères, son père et ses cousins ​​plus d’une fois, verbalement, par téléphone ou sur les médias sociaux en raison de son orientation sexuelle et pour avoir renoncé à la religion islamique. Si mon fils retourne en Jordanie, il sera tué », a-t-elle écrit dans une lettre déposée à la Cour. 

    La demande de protection de Samer est appuyée par le député de Rosemont–La Petite-Patrie, Alexandre Boulerice et Médecin sans frontières qui ont demandé l’arrêt des procédures et l’octroi à Samer d’un permis de séjour temporaire. 


    Source : LaPresse.ca

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