Samedi, 25 juin 2022
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    Cannes déroule le tapis rouge pour le dissident russe Kirill Serebrennikov

    Le Festival de Cannes a accueilli le dissident russe Kirill Serebrennikov pour sa première journée de compétition.

    Pour la première fois, l’enfant terrible du cinéma russe Kirill Serebrennikov, 52 ans, connu pour ses créations audacieuses et son soutien aux personnes LGBT+, a foulé le tapis rouge et ouvert la compétition avec La femme de Tchaïkovski.

    En présentant ce film au premier jour de la compétition, après une intervention à distance mardi soir du président ukrainien Zelensky, le festival entendait envoyer un signal fort contre le régime russe. À cela s’ajoute la programmation de plusieurs films ukrainiens ou évoquant le sort du pays, dont Marioupol 2 du Lituanien Mantas Kvedaravicius, tué début avril en Ukraine.

    Le rendez-vous mondial du cinéma refuse d’accueillir «des représentants officiels russes, des instances gouvernementales ou des journalistes représentant la ligne officielle» russe, mais s’est toujours dit prêt à accueillir les voix dissidentes, à commencer par Kirill Serebrennikov.

    C’est la deuxième année de suite que le réalisateur de Leto brigue une Palme d’or. 

    Assigné à résidence à Moscou, il avait l’an dernier présenté à distance son long-métrage La fièvre de Petrov. Ses acteurs avaient arboré des badges à ses initiales. Dans le palais des festivals, le fauteuil frappé de son nom était resté vide, comme en 2017 lors de la présentation de Leto.

    Aujourd’hui installé à Berlin, il expliquait fin avril avoir quitté Moscou «pour une question de conscience», même s’il refuse le terme de dissident. En lice pour la Palme d’or, son film revient sur le bref et désastreux mariage du compositeur de génie Piotr Ilitch Tchaïkovski, qui était homosexuel.

    Mardi, le président du jury Vincent Lindon a estimé, lors de la conférence de presse, qu’il faudrait «faire attention à être digne, respectueux (…) rien que par hommage pour ceux qui ont des jours beaucoup plus compliqués que les nôtres», en Ukraine notamment. Un soutien qui s’inscrit dans la tradition politique du festival, qui fête cette année sa 75e édition.

    Comme en 1968, en plein mouvement de contestation, où le Festival avait été interrompu par François Truffaut ou encore Jean-Luc Godard. Ou en 2010 lorsque Thierry Frémaux et le Festival de Cannes ont témoigné de leur soutien au réalisateur Jafar Panahi, en l’invitant comme membre du jury alors qu’il était emprisonné en Iran. 

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