Mercredi, 21 février 2024
• • •
    Publicité

    Les plaintes pour homophobie en hausse en 2022 de plus de 30 % dans la grande région parisienne

    Ce sont des chiffres qui peuvent inquiéter : les plaintes pour actes homophobes et transphobes ont augmenté de plus de 30 % à Paris et dans la couronne qui l’entoure, et ce, pour les 11 premiers mois de 2022, par rapport à cette même période en 2021, selon la préfecture de police de Paris. Une inflation qui s’explique en partie par une amélioration de la prise des plaintes, selon l’agent de liaison LGBT à la préfecture de police de Paris, Mickaël Bucheron.

    Dans le détail, 573 plaintes à motif homophobe ou transphobe ont été déposées durant les onze premiers mois de 2022, contre 439 l’an dernier à la même période. « Il y a un effet MeToo qui a touché la population LGBT, qui a conduit beaucoup de personnes à déposer plainte. Beaucoup de gens disent qu’ils ne veulent plus se laisser faire, qu’ils ne veulent plus que l’homophobie règne, et ce discours-là participe à la hausse des plaintes », commente Mickaël Bucheron.

    L’augmentation réelle toutefois difficile à quantifier
    L’officier de liaison LGBT constate également une « amélioration dans les services » même s’il admet qu’il peut y avoir « ici ou là des manquements », amélioration qui participe de cette hausse des plaintes, avec des collègues « de plus en plus sensibilisés », dit-il. Mais les actes homophobes et transphobes en eux-mêmes ont-ils réellement augmenté ? Difficile à dire, selon Mickaël Bucheron.

    « L’augmentation des plaintes n’est pas forcément à corréler uniquement à une augmentation des violences mais aussi à un ras-le-bol de ces violences et un besoin de les dénoncer », abonde de son côté Lucile Jomat, porte-parole de SOS homophobie.

    Les situations sont toutefois différentes selon les départements. C’est dans le Val-de-Marne que la hausse est la plus importante, avec une augmentation de 89 % des plaintes, le nombre total passant de 28 à 53. Les plaintes ont augmenté de 53 % dans les Hauts-de-Seine (55 plaintes de janvier à novembre 2022) et de 15 % en Seine-Saint-Denis, qui cumule au total 106 plaintes.

    C’est à Paris que le nombre total est le plus élevé, avec 359 plaintes, en augmentation de 27 % par rapport à 2021 (283 plaintes sur les onze premiers mois de l’année). « La vie LGBT est plus intense à Paris, mais ça peut être aussi plus tabou dans certains départements, ce qui peut expliquer le décalage par rapport à Paris. Les agressions physiques ont peut-être plus lieu dans un environnement privé en banlieue qu’à Paris, ce qui ne facilite pas le dépôt de plainte », commente Mickaël Bucheron. Les chiffres nationaux, quant à eux, seront connus fin janvier.

    Entendre et écouter
    Le rôle de l’officier de liaison est précisément d’aider les victimes à passer ce cap si elles le souhaitent, soit en leur apportant de l’information, soit en prenant directement leur plainte si elles ont rencontré des difficultés dans leur commissariat local. « Cela peut rassurer certains publics de parler à quelqu’un qui connaît le vocabulaire et la problématique », explique Mickaël Bucheron.

    L’homme oriente aussi les victimes vers différents partenaires, comme des intervenants sociaux ou des associations, afin de les aider pour une éventuelle prise en charge psychologique, un logement, ou d’autres besoins encore. Sympathique, il accepte de donner ses coordonnées directes : « Que vos lectrices et lecteurs n’hésitent pas à me contacter pour qu’on récupère le coup s’ils ont été mal reçus par nos services. L’important, c’est que les victimes aient le sentiment d’être entendues et écoutées. »

    Du même auteur

    SUR LE MÊME SUJET

    LAISSER UN COMMENTAIRE

    S'il vous plaît entrez votre commentaire!
    S'il vous plaît entrez votre nom ici

    Publicité

    Actualités

    Les plus consultés cette semaine

    Publicité