Lundi, 4 juillet 2022
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    Des Arcs-en-ciel illuminent la ville

    Affiché dans les fenêtres des maisons, peint ou dessiné par des enfants, ou illuminant les structures des ponts qui relient Montréal à la Rive-Sud, l’arc-en-ciel est devenu un emblème d’espoir pendant la pandémie de COVID-19. On connaissait bien l’origine de l’arc-en-ciel pour la communauté LGBT, mais d’où vient l’idée de cette arche multicolore pour incarner l’espérance, répandue depuis des siècles?

    Un peu d’histoire
    L’arc-en-ciel figure dans de nombreux mythes à travers l’histoire. Dans la mythologie grecque, l’arc-en-ciel est incarné par la déesse Iris qui est une messagère entre le ciel et la terre. La grande idée est que les dieux qui vivent sur la lune veulent communiquer avec les hommes qui sont sur terre. En Irlande, on croyait qu’au bout de l’arc-en-ciel, il y avait un petit lutin symbolisant la richesse.

    Dans la mythologie scandinave, l’arc-en-ciel représente un lien entre ciel et terre. Dans l’iconographie entourant les représentations de Thor (entre autres dans l’univers Marvel), on voit cette espèce d’image multicolore sur laquelle avancent les personnages. C’est ce qui fait le lien entre le ciel et la terre. Ça a toujours été le passage de l’un à l’autre et qui permet de voir ce qu’il y a au-delà de ce qu’on vit actuellement.

    Ce symbole est donc une projection dans l’avenir, quelque chose de beau et d’agréable. C’est la pluie qui passe au soleil — après la pluie le beau temps. Tout ça est un mélange de sagesse populaire, de mythologie, de spiritualité, mais qui est détourné aujourd’hui avec le «Ça va bien aller». On retrouve aussi divers exemples dans la culture populaire où l’arc-en-ciel figure,
    notamment la chanson Somewhere Over the Rainbow dans le film Le magicien d’Oz (réalisé en 1939) et le jeu Mario Kart, avec sa fameuse course arc-en-ciel, qui se déroule dans un monde fantasmagorique et enchanteur.

    Dans les années 1960, en Italie, le drapeau arc-en-ciel est devenu un symbole d’espoir et de paix (inspiré par les drapeaux multicolores utilisés en Angleterre pendant les manifestations contre les armes nucléaires). Il était habituellement composé de sept couleurs: violet, indigo, bleu, vert, jaune, orange et rouge de haut en bas avec le mot «PACE» (paix en italien) placé au milieu en lettres majuscules. On l’a réutilisé en 2002, en Italie, lors de la campagne la Paix sur tous les balcons, comme signe de protestations contre la guerre d’Irak.

    Associé à la fierté LGBTQ+
    L’arc-en-ciel est devenu la première fois un symbole du mouvement LGBTQ+ le 25 juin 1978, avec la création de son fameux drapeau imaginé par l’artiste américain Gilbert Baker pour souligner le dixième anniversaire des manifestations qui ont suivi Stonewall et qui ont donné naissance aux marches de la fierté. Avec les années, l’arc en ciel a été adopté comme drapeau officiel du mouvement, comme symbole d’appartenance des communautés LGBTQ+, de fierté, de rayonnement, positif et porteur d’espoir pour tout le monde. Il est largement utilisé par les organisations, les commerces, et très ancré dans la conscience collective pour représenter la communauté.


    Le mouvement #Cavabienaller au Québec
    Au Québec, c’est Gabriella Cucinelli, qui travaille dans un centre de la petite enfance (CPE), qui a lancé le mouvement de l’arc-en-ciel et l’a associé à l’expression «Ça va bien aller», reprise par le première ministre François Legault durant ses points de presse. D’origine italienne, Mme Cucinelli a obtenu l’autorisation d’exploiter cette association d’idées au Québec auprès de l’organisme italien qui l’a mise de l’avant en premier. On avait demandé aux enfants en Italie de dessiner des arcs-en-ciel et de les exposer sur leur balcon ou leur fenêtre pour envoyer un message d’espoir.
    Quand Gabriella Cucinelli a commencé à dessiner des arcs-en-ciel avec ses enfants, elle voulait montrer sa solidarité envers les gens en Italie. Mais c’est rapidement devenu un symbole de réconfort au Québec.

    Elle a enregistré la marque de commerce pour que les profits amassés par l’exploitation de ce symbole soient redistribués à La Cantine pour tous, un organisme de bienfaisance en sécurité alimentaire. Ça n’a pas été fait dans un but lucratif. Que des familles et des enfants se l’approprient, c’est ça le but, mais que des entreprises ou des personnes se l’approprient pour en faire du profit, lui a fait comprendre qu’elle pouvait faire quelque chose, et a décidé de l’enregistrer. Elle voulait ainsi qu’on sache que depuis le 31 mars, il y a un logo officiel qui est rattaché à une cause et que La Cantine pour tous peut donner l’autorisation d’utiliser le logo en échange d’un don, a-t-elle expliqué en entrevue avec Patrick Masbourian à l’émission Tout un matin de la Première chaîne de Radio-Canada.

    L’arc-en-ciel dans le ciel de Montréal
    Dans un geste d’espoir à l’égard de la population montréalaise, plusieurs édifices emblématiques du Centre-Ville, du Quartier des spectacles et d’ailleurs, illuminent depuis quelques semaines leurs façades ou leur sommet aux couleurs de l’arc-en-ciel, en forme de cœurs ou avec le
    message Ça va bien aller.

    À travers ces actions, on veut saluer les travailleurs de la santé et des services essentiels, mais ces façades s’illuminent également pour montrer du soutien à la population dont la vie s’est arrêtée ou a été transformée, et pour insuffler un peu d’espoir en l’avenir.

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