Dimanche, 17 octobre 2021
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    Procès en France d’un homme accusé du meurtre d’un homme gai en 2018

    Rencontre sur un site gai qui se finit par un meurtre: un jeune homme de 22 ans comparaît aux assises du Val-d’Oise de lundi à vendredi pour l’assassinat en 2018 d’un homme à qui il avait fixé un rendez-vous sexuel.

    Le 22 janvier 2018, les policiers découvrent le corps d’un homme de 55 ans baignant dans une mare de sang, le visage tuméfié, des traces de sang sur les murs, victime d’une agression particulièrement violente chez lui à Jouy-le-Moutier, commune située à 40 km au nord-est de Paris.

    L’alerte a été donnée par son employeur, inquiet de l’absence de ce salarié ponctuel, en poste dans un office notarial parisien depuis trente ans.

    La veille, il avait rendez-vous avec un étudiant en physique-chimie, rencontré une première fois trois semaines plus tôt via un site, notamment utilisé par les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes.

    Cet homme, âgé de 18 ans au moment des faits, a reconnu avoir agressé la victime, à coups de couteau puis de barre de fer, sans intention de la tuer et sans pouvoir expliquer les raisons de son geste. Il a toutefois relié l’élément déclencheur de sa violence à un geste: lorsque la victime a posé la main sur sa cuisse.

    Selon l’accusé, il a repoussé la main de la victime mais a été poursuivi jusque dans la cuisine par le quinquagénaire, qui souhaitait avoir un rapport sexuel avec lui. Il s’est senti acculé, l’a frappé et lui a asséné plusieurs coups de couteau. Cependant, les précédents partenaires sexuels de la victime évoquent une personne qui ne s’était jamais montrée insistante, selon les enquêteurs. Son ex-femme, ses quatre enfants et d’autres proches le décrivent également comme discret et calme.

    Lors de ses auditions, le mis en cause n’a pas voulu répondre aux questions sur d’éventuelles relations sexuelles avec la victime. Un malaise interne serait né d’un questionnement sur son identité sexuelle et se serait transformé en agressivité, d’après une psychologue experte qui l’a rencontré alors qu’il était incarcéré, quand d’autres psychiatres ont souligné les nombreux délires auxquels il est sujet. L’entourage de l’étudiant a lui dépeint un homme sportif – il a pratiqué la boxe thaï pendant deux ans – calme et sérieux.

    Preuve de sa préméditation selon les juges, à la veille de son deuxième rendez-vous avec la victime, il effectue une recherche internet sur la meilleure manière d’aiguiser des couteaux. Les investigations permettront également de mettre au jour des discussions dans lesquelles il évoque des rendez-vous avec des hommes. «Vite donne je tiens un gars là», «t’es là y’a un mec je lui ai donné rendez-vous?», enverra-t-il à un complice dans une autre affaire. Sur le site de rencontre, il avait créé une vingtaine de pseudos différents à partir de juillet 2017.

    L’enquête pour assassinat a également conduit à sa mise en examen dans deux affaires similaires d’extorsion et d’agressions d’hommes homosexuels avec un procédé similaire: rendez-vous fixé sur le site, rencontre, menaces avec arme blanche puis violences, avec deux complices, en octobre et décembre 2017.

    Rédaction avec AFP

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