Mercredi, 8 février 2023
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    La volonté de mettre fin au sida et à la transmission du VIH (volet 1)

    Ken Monteith, directeur général de la Coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida (COCQ-SIDA), présente quatre cibles d’un portrait idéal afin de mettre fin à l’épidémie du sida et du VIH au Québec. Dans ce premier volet, il est question d’accès au dépistage et d’adhésion au traitement. Le deuxième volet, à venir dans une édition ultérieure de Fugues, sera consacré à l’approche de réduction des méfaits et à l’accessibilité aux nécessités de la vie.

    Nous vivons un moment opportun et déterminant dans la lutte contre le fléau du VIH/sida, lutte que nos communautés mènent depuis une quarantaine d’années. Opportun, car nous avons à notre portée les outils nécessaires pour y mettre fin, mais déterminant parce que ça va prendre une volonté de tous·tes les acteur·trices pour déployer ces outils de manière optimale. Pour atteindre cet objectif d’élimination du sida et de la transmission du VIH, les organismes communautaires québécois de lutte contre le VIH/sida ont identifié des cibles prioritaires et diverses actions pour les atteindre ; actions dont certaines relèvent des gouvernements, et pas seulement en matière de financement.

    Amélioration de l’accès au dépistage
    L’un des objectifs de l’ONUSIDA est que, d’ici 2025, 95 % des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut. Selon l’Agence de la Santé publique du Canada, nous avons à peine atteint l’objectif de 90 % en 2020, laissant jusqu’à 10 % de personnes séropositives au VIH ignorant leur statut. Dans les nouveaux cas de VIH, il y a une proportion inacceptable de personnes qui découvrent leur statut tardivement, après des atteintes importantes à leur système immunitaire. Ajoutons que la réaffectation des ressources infirmières lors de l’épidémie de la COVID-19 a causé une diminution des tests de dépistage réalisés au Québec de 18,4 % entre 2019 et 2020.

    Pour contrer ce portrait peu flatteur, il est impératif d’agir afin d’améliorer l’accès au dépistage. Certaines des actions identifiées pour atteindre cette cible sont l’habilitation des intervenant·es communautaires à réaliser certains types de tests de dépistage, la disponibilité et l’accessibilité aux autotests VIH et surtout la déstigmatisation et la normalisation du dépistage régulier. Récemment, le gouvernement fédéral a agi en ce sens en rendant accessible, durant une année seulement, une quantité définie d’autotests. Cette action que nous considérons positivement ne peut être efficace que si elle est pérennisée.

    Soutien à l’adhésion au traitement
    Il existe plusieurs traitements efficaces qui peuvent contrôler le VIH ou qui en empêchent l’infection (ex. : la PrEP). Bien que ces traitements soient couverts par les divers types d’assurance médicaments disponibles au Québec, ils ne sont malheureusement pas accessibles à tous·tes. Dans l’ensemble des couvertures d’assurance, même celle du gouvernement provincial, une part du coût est à la charge de l’individu. Et ce coût, lorsqu’il est question d’antirétroviraux, peut être substantiel. Cette charge constitue un obstacle majeur pour plusieurs personnes vivant avec le VIH. Exemple, une personne qui travaille au salaire minimum, à temps plein, doit prioritairement se nourrir et se loger. Ainsi, il est possible qu’elle ne soit pas capable de payer son traitement tous les mois. Cette charge est donc une barrière à l’adhésion au traitement ; barrière qui peut être soulevée par l’accès gratuit aux antirétroviraux, tant pour traiter que pour prévenir l’infection par le VIH. De plus, comme il a été fait pour contrer la pandémie de la COVID-19, cette gratuité doit s’étendre à toute personne qui se trouve sur le territoire québécois, peu importe son statut de citoyenneté.

    Le mouvement communautaire de lutte contre le VIH/sida et les communautés mobilisées autour de lui sont prêt·es à assumer leurs rôles dans cette démarche vers la fin du VIH, mais ne peuvent pas le faire seul·es. Cela nécessite la volonté et la mobilisation des décideur·euses des trois niveaux gouvernementaux — municipaux, provinciaux, fédéraux — afin d’investir, d’effectuer les changements nécessaires pour abattre les barrières d’accès au dépistage et au traitement et de déployer tous les outils essentiels pour contrer toutes nouvelles infections et pour permettre une adhésion optimale au traitement ; le tout dans le but de mettre fin à l’épidémie du VIH/sida au Québec. Nous sommes prêt·es. Et vous ?

    Ken Monteith, Directeur général COCQ-SIDA

    INFOS | https://www.cocqsida.com

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