Samedi, 22 juin 2024
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    Journée nationale du dépistage du VIH, pour un dépistage plus accessible pour tous

    Le dépistage demeure encore et toujours la clé pour réduire la transmission des ITSS. À l’occasion de la journée nationale du dépistage du VIH, et dans un contexte où le gouvernement fédéral a annoncé la fin prochaine du financement du programme d’autotests à domicile, Alexandre Dumont Blais, directeur général de RÉZO et Maxim Éthier, médecin et cofondateur des cliniques médicales Quorum et Prelib, discutent des impacts du contexte actuel sur les communautés et les organismes de prévention et de lutte à la propagation du VIH et des autres ITSS.

    RÉZO offre depuis 30 ans des services et programmes en lien avec la prévention du VIH et des ITSS aux hommes GBQ et personnes trans qui ont des relations avec des hommes. L’organisme propose notamment des interventions individuelles et en groupe, des outils pour la prévention de la violence entre hommes ainsi que des ateliers destinés à des clientèles ciblées, tels que Convive, pour les personnes hispanophones et Kominote, pour les personnes noires.

    RÉZO est également l’un des plus importants distributeurs d’autotests pour le VIH au Québec. L’organisme comptait notamment sur une personne-ressource dédiée à 100 % à la distribution d’autotests, embauchée grâce au fonds offert par le gouvernement, ce qui pose un défi pour l’organisme dans le contexte actuel. 

    Pour l’heure, celui-ci peut tout de même continuer à commander gratuitement les tests, il continuera donc à les distribuer au sein de ses activités, toutefois le directeur général souligne que le temps est compté : « Nous serons peut-être en mesure de continuer à distribuer des tests jusqu’à la fin de l’année, mais une fois que nous ne pourrons plus commander des autotests, je ne sais pas ce que nous ferons. Il faudra collaborer avec nos partenaires pour trouver des solutions. »

    Pour Alexandre Dumont Blais, en plus d’être une stratégie parmi un ensemble d’autres contribuant à freiner la transmission du VIH, la distribution d’autotests est également un prétexte de sensibilisation et de discussion avec les communautés. Toute l’importance de la proximité avec la population et de l’accès au dépistage a d’ailleurs été prouvée dans le cadre du projet Zone Rose, implanté l’été dernier par RÉZO dans le Village. Le conteneur coiffé d’un cône rose géant situé sur la rue Sainte-Catherine faisait office de centre de dépistage gratuit sans rendez-vous et de distribution de matériel de protection, d’autotests et d’outils informationnels durant tout l’été dernier et sera de retour cette année du 3 juillet au 29 septembre.

    Dr Maxim Éthier

    La popularité de la Zone Rose a démontré que les gens veulent se faire dépister et qu’il y a un besoin important pour ce service. Alexandre Dumont Blais rappelle toutefois que, victime de sa popularité, le service est tributaire de sa capacité à réunir des ressources infirmières disponibles à travers ses partenariats. Il rappelle d’ailleurs que des files de personnes se formaient parfois devant le kiosque avant son ouverture. Afin de répondre à cette problématique, l’organisme travaille actuellement à élargir les heures d’ouverture cet été : « nous visons un dépistage plus grand parce que le concept fonctionne. Nous souhaitons donc augmenter les heures de dépistage. » Autre enjeu important relevé via la Zone Rose : l’accès au dépistage pour les personnes n’étant pas couvertes par la RAMQ. En effet, Alexandre Dumont Blais souligne que plusieurs personnes sans carte RAMQ, par exemple des étudiants étrangers, de nouveaux arrivants, etc., se sont dirigées vers le cône rose géant. Selon lui, ce portrait confirme la nécessité de maintenir en place toutes les stratégies possibles de prévention du VIH : « les systèmes sans rendez-vous gratuits permettent de capter plusieurs personnes sans couverture d’assurance, qui peuvent au minimum se tester pour le VIH avec un autotest. »

    Les quatre cliniques Prelib situées à Montréal, Sherbrooke et Québec permettent elles aussi de donner accès aux services de dépistage et de santé sexuelle à une clientèle qui n’est pas rejointe par le réseau habituel. Les cliniques proposent en effet une plateforme en ligne à travers laquelle la clientèle remplit un questionnaire de manière autonome et est guidée dans les étapes de tests et de prélèvement, afin de compléter un dépistage en toute intimité. La méthode a pour avantage de limiter les barrières et de donner accès aux services aux personnes qui sont moins à l’aise de parler de leur sexualité. Au total, ce sont 60 000 dépistages qui ont été réalisés grâce au réseau Prelib l’an dernier.

    Alexandre Dumont Blais constate par ailleurs qu’au moment où on observe une augmentation des cas d’ITSS à Montréal, la plus jeune génération semble moins bien sensibilisée à la réalité du VIH, ce qui accentue la nécessité d’une approche holistique dans la lutte à la propagation du virus : « on note une certaine banalisation et un manque d’information chez les jeunes. Le VIH demeure incurable et requiert une prise de médication à vie. Il est donc important de rendre plus accessibles les stratégies efficaces, comme la PrEP. »

    Le docteur Éthier constate une situation alarmante similaire auprès de la jeune clientèle de la clinique Prelib : « Il y a beaucoup d’éducation à faire auprès des jeunes. Certains viennent pour obtenir la PrEP, mais ils n’ont encore jamais fait de dépistage. D’autres demandent la médication, mais on se rend compte qu’ils ont déjà contracté le virus. »

    Pour le directeur général de RÉZO, la solution à l’accessibilité passe par l’élimination des barrières au dépistage : « on doit offrir des services de dépistage gratuits dans des lieux variés, à des heures variées et par du personnel formé et inclusif. Ça pourrait changer la donne. »

    Au-delà de l’accès aux centres de dépistage, Maxim Éthier rappelle que l’accessibilité doit également être abordée de façon globale, en considérant toutes les étapes du processus, incluant la capacité des laboratoires du réseau de santé à traiter un plus grand nombre de tests envoyé par les cliniques. Pour lui, la solution est donc notamment une meilleure concertation entre tous les acteurs impliqués : « Il faut adopter une approche globale avec un objectif commun : d’offrir le plus de dépistage possible. »

    INFOS | Pour en savoir davantage à propos du dépistage du VIH et des services offerts par RÉZO, visitez https://www.rezosante.org

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