Vendredi, 10 avril 2026
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    Un symposium et un cocktail pour célébrer les 35 ans de la Maison Plein Cœur

    Le 26 novembre prochain on marquera trois décennies et demie d’appui, d’écoute, d’entraide, de partage, d’accompagnement et de soutien aux personnes vivant avec le VIH-sida. Si, au début, il fallait venir à la rescousse d’hommes gais malades et en phase terminale, aujourd’hui, le visage de cette maladie a changé et la Maison Plein Cœur (MPC) aide aussi une multitude de femmes et des gens vulnérables. Un symposium suivi d’un cocktail, à l’église anglicane St. Georges (1101, rue Stanley). Ce cocktail débutera à 17h30, alors que le symposium, quant à lui, commencera en matinée avec des intervenants, des bénévoles et des médecins.    

    Le tout 1er symposium de la Maison Plein Cœur se tiendra sous le thème « Vivre avec le VIH sans barrières, utopie ou réalité? ». Que ce soit pour le cocktail ou le symposium, ces activités sont ouvertes gratuitement à toutes les personnes touchées de près ou de loin par la cause du VIH.  

    « C’est tellement une bonne et belle cause, dit Éric Fortin, le nouveau président du conseil d’administration de la Maison Plein Cœur et qui a pris la relève de Claude Lalande. Je suis atteint du VIH depuis plus de trente ans et la Maison m’a beaucoup aidé. Cela n’a pas été facile pour moi. Il a eu des difficultés, et ils étaient là pour moi, pour me soutenir dans ce que je vivais. Elle m’a aidé à sortir de l’isolement dans lequel je m’étais enfermé après mon diagnostic. Je suis resté ensuite comme bénévole durant longtemps jusqu’à ce que je commence à m’impliquer dans le conseil d’administration, c’était en 2021. Et j’en suis le président depuis quelques semaines. On m’a recruté, également à la COCQ-Sida (Coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida) pour occuper le poste de vice-président.»

    «Tout ceci se fait dans le cadre de la semaine menant au 1er décembre, Journée mondiale de lutte contre le sida, alors que les groupes de la TOMS (Table des organismes montréalais de lutte contre le sida) organisent des activités pour honorer les gens disparus et les gens qui se dédient à cette cause-là», explique Éric Fortin.

    Pour ne pas oublier
    Cette journée de symposium et de cocktail n’est pas anodine. Bien sûr, elle est là pour souligner tout le travail accompli par la Maison Plein Cœur et ses multiples équipes qui ont perduré à travers le temps, mais elle veut aussi, de manière simple, lancer le message que des gens ont encore besoin d’aide, d’écoute, d’appui, de conseils, et de services alimentaires, entre autres. 

    « C’est aussi pour rappeler ce qu’a été l’épidémie du VIH, que beaucoup de gens en sont décédés, poursuit-il. J’ai perdu des amis très proches. Les gens ont oublié toute cette période malheureusement. Les gens pensent que tout est fini, mais il y a un manque flagrant et troublant d’informations sur la transmission du VIH en ce moment. Les docteurs qui ont connu cette période, qui ont les connaissances, s’en vont à la retraite et ne sont pas remplacé. Le VIH est à peine effleuré dans les facultés de médecines aujourd’hui, ce qui fait que les nouveaux médecins ne sont presque pas informés de la maladie et de ses conséquences à long terme, mais aussi de ce que cela a été autrefois. » 

    Dans les jeunes générations LGBTQ+, il y a quelque chose qui s’est perdu, une période qui, avec le temps, a été occultée, presque oubliée totalement et ce, malgré plusieurs séries télévisées et documentaires. Sur une décennie, entre les années 1980 et 1990, beaucoup d’hommes gais sont décédés : des artistes, des architectes, des avocats, des personnalités du monde de la télévision et du cinéma parmi tant d’autres. 

    Un cas personnel
    Pour Éric Fortin, c’est une expérience d’engagement et de solidarité en tant que bénévole qui dure depuis plusieurs années maintenant.

    Lui-même est un ancien consommateur de drogues, il a fait, jadis, de la prostitution, il a été infecté au VIH, il a eu un sarcome de Kaposi, puis des hépatites B et C sont apparues. « Nous étions en 1996, j’avais 27 ans, lorsque j’ai été officiellement diagnostiqué, évoque-t-il. Mais il faut se rappeler qu’en 1996, les trithérapies commençaient, il n’y avait pas tant de traitements que ça, il y avait de l’AZT [qui était très toxique]. C’était une période très difficile, j’ai perdu un de mes amis très proches. Mais moi, je suis resté. On se sent coupable, on a honte d’avoir cette maladie-là. On s’isole beaucoup. Je suis d’abord devenu bénévole à RÉZO, ensuite je me suis impliqué à la Maison Plein Cœur. En travaillant sur le cocktail, j’ai revu des visages de gens que je connaissais, cela m’a rappelé beaucoup de souvenirs, des gars qui sont partis, j’ai beaucoup pleuré… »  

    « On rend hommage aussi aux femmes, à nos amies lesbiennes ou hétérosexuelles qui se sont occupées de nos amis malades, à l’époque, qui n’avaient personnes parce qu’ils étaient soit abandonnés par leurs familles, soit aussi parce que les autres gars avaient trop peur de la maladie, c’était terrifiant, énormément de gens mouraient. Mais ces femmes-là nous ont aidé, elles nous ont soigné lorsque personne d’autre ne voulait le faire », dit-il.

    Président de la Maison Plein Coeur

    « Vivre avec le VIH sans barrières, utopie ou réalité? »
    Malgré aussi toutes l’information qui circule sur ce virus, des gens se font encore infecter, des jeunes LGBTQ+ pour plusieurs, parce que ces personnes ne se rendent pas compte que le virus du VIH circule encore, qu’il n’y a toujours pas de vaccin préventif. Comme me l’a déjà dit le Dr Réjean Thomas, de la Clinique médical l’Actuel, les jeunes hommes arrivent dans son bureau et ne savent pas ce que c’est que le VIH et pensent qu’ils vont prendre un vaccin ou une pilule et que c’est terminé. 

    « Le diagnostic est aussi dévastateur aujourd’hui pour une personne, même si on n’en meure plus, poursuit le président du conseil d’administration de MPC. La Maison aide justement les gens à briser l’isolement dans lequel elles s’enferment souvent. C’est une vie qui vaut la peine d’être vécue. Je vis bien avec la maladie maintenant. J’ai une vie active, mais la Maison a été d’une grande aide et d’écoute, elle m’a aidé à remonter la pente », poursuit-il.

    D’où ici la thématique du symposium « Vivre avec le VIH sans barrières, utopie ou réalité? ». 

    « La réalité des personnes atteintes a changé beaucoup depuis les débuts de la maladie, explique Éric Fortin. Maintenant, 57% des bénéficiaires de la Maison sont des femmes. Mais la population est restée avec l’idée que la plupart des gens séropositifs sont des hommes (homosexuels), que ce sont eux qui propagent la maladie. Il y a encore de la stigmatisation dans la population en général envers les personnes vivant avec le VIH-sida (PVVIH) et Maison Plein Cœur aide justement les gens à surmonter cette stigmatisation et cette sérophobie. »

    «Vivre avec le VIH, oui, cela devient une maladie chronique, mais tout n’est pas réglé encore, souligne Éric Fortin. Il y a des problèmes de vieillissement prématuré, de cancers liés aux VIH, etc. Je participe à plusieurs études universitaires canadiennes sur ces sujets-là. Je fais souvent le lien entre les personnes vivant avec le VIH-sida (PVVIH) et les chercheurs, je participe à des conférences, etc. Ce qui ressort justement de ces recherches-là ce sont tous les autres problèmes liés au fait d’avoir été sous les premiers traitements qui ont menés à la lipodystrophie et d’autres problématiques de santé.»

    Bien des sujets seront donc discutés cette journée-là. « Le symposium, comme le cocktail, est aussi ouvert à toustes sur inscription. Nous présenterons une scène de théâtre-forum le matin du 26 novembre prochain », d’ajouter Nancy Labonté, la directrice générale de la MPC. Si vous avez lu l’article de notre confrère Steven Ross, dans notre No de septembre, vous savez déjà que le théâtre-forum est une manière artistique participative d’exprimer des émotions et des vécus, notamment la stigmatisation. 

    Le 26 novembre sera un jour de fête et de belles rencontres au Cocktail des 35 ans de la MPC. Une soirée festive et artistique avec de belles surprises nous promet-on. 

    Infos et réservation :  Maison Plein Cœur : 514-597-0554 ou
    https://www.zeffy.com
    https://maisonpleincoeur.org


    Vivre avec le VIH sans barrières, utopie ou réalité?

    1er SYMPOSIUM DE LA MAISON PLEIN COEUR

    Mercredi 26 novembre 2025 à Église anglicane St. Georges, 1101, rue Stanley, Montréal, QC   H3B 2P8Métro Bonaventure ou Peel (stationnement du Centre Bell : 1225, Saint-Antoine O, Montréal, QC  H3C 1B4

    8h30 Accueil du public avec petit déjeuner

    9h00 Mot de bienvenue. Nancy Labonté, directrice générale, et Éric Fortin, président du CA

    9h15 Théâtre-Forum, Pairs aidants et participant·es

    10h15 Discussion sur l’expérience du théâtre

    10h45 Pause

    11h00 Conférence principale : Éliminer la stigmatisation du VIH dans les services de santé. Pilar Ramirez Garcia, professeure en sciences infirmières

    12h00 Lunch

    13h15 Atelier : Démarche des balados Chemstory. Patrice St-Amour, sexologue, accompagné de Mathieu Tremblay-Lalande, participant au projet Chemstory.

    13:45 Atelier : Sortir du quotidien : Les traitements de demain pour le VIH. Jean-Pierre Routy, médecin

    14h15 Atelier : Itinérance et VIH. Gabrielle Adams, étudiante en sociologie

    15h45 Pause

    16h00 Atelier : Le partenariat communautaire. Une histoire à partager. Alex Filiatrault, conseiller communautaire chez ViiV

    16h30 Témoignage sur la journée et discussion. Pair aidant

    17h00 Pause

    17h30 Cocktail du 35e anniversaire

    21h00 Fin de l’événement

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