Mercredi, 22 juillet 2026
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    L’athlète queer flamboyant qui fait trembler les hétéros !

    Jordan Lucas fait capoter les hétéros. Sur plusieurs vidéos virales, on le voit écraser la compétition : l’athlète de volleyball américain possède un smash dévastateur, des sauts d’une hauteur impressionnante et une capacité surhumaine à empêcher le ballon de toucher le sol. Mais il y a « pire » : il ose célébrer ses succès avec flamboyance et féminité, sans jamais s’excuser !

    Prenez un instant pour chercher « Jordan Lucas, volleyball » et vous allez découvrir un phénomène ! Jouant pour l’Université de la Californie, l’athlète saute, frappe et se lance au sol pour faire gagner son équipe. Puis, il marche en se déhanchant comme Beyoncé, envoie des bisous imaginaires à la foule, tourne sur lui-même et multiplie les explosions de joie et de fierté avec une flamboyance qu’on a rarement vue dans le sport.

    En entrevue au magazine People, le sportif ouvertement gai a dit être habitué aux commentaires négatifs et à la haine depuis le début de sa carrière, mais celle-ci a pris une nouvelle tournure au printemps. Le 9 avril dernier, le commentateur de la chaîne ESPN Charlie Brande, visiblement offusqué par les comportements de l’athlète queer, a déclaré en direct : « Je suis surpris que Jordan Lucas ne se soit pas déjà fait éclater par quelqu’un. Ses pitreries sous le filet sont de mauvais goût. »

    Ce que vous venez de lire ne relève pas de la simple critique. Il s’agit d’un professionnel du monde des médias, écouté par des millions de personnes, qui nous amène dans son esprit pour témoigner de son étonnement que personne n’ait usé de violence pour remettre Jordan à sa place. Un homme qui considère le fait de festoyer de la sorte comme un manque de goût et de respect. À une époque où les violences envers les personnes LGBTQ+ sont en hausse, particulièrement aux États-Unis, il profite de sa tribune pour dire à la population que c’est le genre de réaction qu’il imagine face à Jordan.
    Bien entendu, le malaise des hommes de Cro-Magnon face à la flamboyance de certains athlètes n’est pas nouveau. Lors des Jeux olympiques d’hiver de Vancouver, en 2010, les costumes colorés du patineur artistique Johnny Weir avaient fait dire à Claude Mailhot et Alain Goldberg que l’athlète américain devrait compétitionner chez les femmes et passer un test de masculinité (un clin d’œil à la coureuse Caster Semenya, à qui on avait imposé des tests gynécologiques). Des années plus tard, des commentateurs russes ont affirmé qu’ils ignoraient qui faisait l’homme dans le duo formé par Guillaume Cizeron et Gabriella Papadakis.

    Jordan Lucas

    Bref, on a l’habitude de voir des gens arriérés exprimer leur gêne face à des hommes qui embrassent des codes traditionnellement féminins en patinage artistique, en gymnastique ou dans le monde des arts. Mais ces esprits conservateurs sont moins habitués à voir des hommes queers les dominer dans une discipline impliquant puissance, brutalité et force physique. On n’a qu’à se rappeler l’émoi causé par le repêchage de Michael Sam, premier joueur ouvertement gai sélectionné dans la NFL, en 2014. Si ces petits messieurs connaissaient vraiment le sport, ils sauraient que les queers pratiquent en grand nombre le football, le rugby, le hockey, le water-polo, la boxe, le volleyball et tant d’autres sports exigeant une grande robustesse.

    La situation de Jordan Lucas révèle une forme d’homophobie qui ne doit pas passer sous silence.
    Si l’athlète de volleyball célébrait comme les autres gars, il n’y aurait pas de problème. S’il flexait ses muscles, s’il hurlait à la lune, s’il levait les bras avec virilité et s’il déchirait son chandail chaque fois qu’il domine ses adversaires, les commentateurs et les spectateurs bros-mascu-masc n’y verraient aucun problème, parce qu’il exprimerait une exubérance profondément masculine à laquelle ils sont habitués. En effet, les adeptes des traditions vivent mal avec le changement, avec les humains qui
    n’entrent pas dans une boîte, avec les athlètes gais qui sont meilleurs qu’eux et qui ont l’audace de festoyer en s’inspirant des vedettes féminines de la pop. Ces petits loulous ont la masculinité si fragile qu’un simple pas de travers suffit pour les faire trembler de l’intérieur.

    Pourtant, les coéquipiers de Jordan Lucas ne semblent pas avoir de problème avec celui qui leur fait gagner tant de points et de matchs. Sur les vidéos, on les voit sourire et rigoler devant les frasques de leur joueur étoile. Mieux encore : ils prennent, eux aussi, part à certaines chorégraphies fort divertissantes. Jordan obtient également le soutien de Theo Edwards, l’entraîneur de son équipe universitaire, qui le connaît depuis qu’il a 14 ans. Face au tollé suscité par les commentaires désobligeants diffusés sur ESPN, son entraîneur a exprimé sa déception devant de telles paroles et sa reconnaissance de voir autant de gens se rallier derrière Lucas. Depuis quelques mois, le jeune homme enchaîne les vidéos virales sur les réseaux sociaux. Il a fait l’objet d’un reportage dans The Atlantic, a été invité à Good Morning America, et sa renommée ne cesse de grandir. Comme une réplique de la vie en forme de smash en pleine gueule !6

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