Jeudi, 13 août 2026
• • •
    Publicité

    Pour la première fois, le recensement australien mesure l’orientation sexuelle et l’identité de genre

    Pour la première fois de son histoire, l’Australie intègre à son recensement national des questions sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre. Une avancée réclamée depuis plusieurs années par les communautés LGBTQ+, qui permettra au pays de disposer de données beaucoup plus précises sur des populations jusqu’ici largement invisibles dans son principal portrait démographique.

    Le 11 août, des millions d’Australien·nes étaient invité·es à participer au recensement national de 2026. Réalisé tous les cinq ans par l’Australian Bureau of Statistics (ABS), l’exercice permet notamment de mesurer l’évolution de la population et d’éclairer les décisions gouvernementales et la planification des services publics.

    Mais cette édition marque un tournant. Pour la première fois, les personnes âgées de 16 ans et plus peuvent répondre volontairement à des questions portant sur leur orientation sexuelle et leur identité de genre.

    Une évolution qui rapproche notamment l’Australie du Canada, où Statistique Canada recueille déjà des données permettant de dresser un portrait des populations LGBTQ+.

    Pour élaborer les nouvelles questions, l’ABS a travaillé avec un comité consultatif d’expert·es LGBTIQ+, afin de s’assurer que les formulations et les choix de réponses soient appropriés.

    À la question sur l’orientation sexuelle, les répondant·es peuvent notamment s’identifier comme hétérosexuel·les, gais ou lesbiennes, ou bisexuel·les. Il est également possible d’inscrire une autre réponse ou de choisir de ne pas répondre.

    Pour l’identité de genre, les choix proposés comprennent homme, femme et non binaire, auxquels s’ajoutent la possibilité d’utiliser un autre terme ou de sélectionner « préfère ne pas répondre ».

    Le recensement pose parallèlement une autre question : « Quel était le sexe de cette personne enregistré à la naissance? » Cette distinction entre sexe enregistré à la naissance et identité de genre permettra pour la première fois à l’Australie de produire des données plus précises concernant les personnes cisgenres, trans et de diverses identités de genre.

    Pourquoi poser les deux questions? Une question portant sur le sexe figure dans tous les recensements australiens depuis 1911. En 2026, sa formulation a toutefois été modifiée afin qu’elle porte spécifiquement sur le sexe enregistré à la naissance, parallèlement à l’ajout de la nouvelle question sur le genre.

    L’Australian Bureau of Statistics explique que le fait de poser les deux questions permettra d’améliorer la qualité des données recueillies. En croisant les réponses, l’organisme pourra ainsi mieux distinguer statistiquement les populations cisgenres, trans et de diverses identités de genre.

    Cette précision peut sembler technique, mais elle revêt une importance considérable. Sans données démographiques fiables, il devient beaucoup plus difficile d’évaluer les besoins d’une population, de mesurer les inégalités auxquelles elle est confrontée ou encore de planifier adéquatement les services publics qui lui sont destinés.

    L’ajout de ces questions découle notamment d’un engagement pris par le Parti travailliste d’Anthony Albanese lors des élections de 2022. Le parti avait alors promis d’améliorer la collecte de données démographiques concernant les populations LGBTQ+. Les travaillistes avaient ensuite remporté les élections, mettant fin à neuf années de gouvernement de la Coalition. L’intégration de ces questions au recensement de 2026 concrétise donc, quatre ans plus tard, cet engagement.

    L’Australie disposait déjà de certaines estimations concernant sa population LGBTQ+, mais celles-ci ne provenaient pas du recensement national. Selon des données publiées précédemment par l’ABS, environ 4,5 % des adultes australiens s’identifiaient comme LGBTI+, tandis qu’environ 0,9 % de la population était estimée trans ou de diverses identités de genre.

    Le recensement de 2026 devrait permettre d’obtenir un portrait beaucoup plus détaillé. Pour les communautés LGBTQ+, l’enjeu dépasse la simple statistique. Les données issues des recensements servent à orienter les politiques publiques, à planifier les services et à mieux comprendre les transformations d’une société. Lorsqu’une population n’est pas adéquatement mesurée, une partie de sa réalité demeure nécessairement invisible dans les décisions qui en découlent.

    Avec ces nouvelles questions, l’Australie pourra désormais mieux documenter la présence et la diversité de ses populations LGBTQ+ à l’échelle nationale. Parce qu’avant de pouvoir répondre adéquatement aux besoins d’une population, encore faut-il savoir qu’elle est là — et accepter de la compter.

    Du même auteur

    SUR LE MÊME SUJET

    LAISSER UN COMMENTAIRE

    S'il vous plaît entrez votre commentaire!
    S'il vous plaît entrez votre nom ici

    Publicité

    Actualités

    Les plus consultés cette semaine

    Publicité