Jeudi, 28 octobre 2021
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    L’homme qui lisait Henry Miller

    Jean-Paul Tapie nous a gâtés avec d’immenses sagas étalées sur trois ou quatre briques de 500 pages. Malgré la longueur de ses récits, l’intérêt ne se dément jamais et le lecteur reste accroché tout aussi bien à l’intrigue qu’à la qualité de la langue.

    Cette fois-ci, il nous présente un roman de 150 pages, ce qui est sans aucun doute un prodige de concision pour ce dernier. L’intérêt demeure cependant le même. Le récit est articulé autour de David Tolédano, un jeune juif portugais qui se rend en Grèce sur le pouce afin de rejoindre sa copine qui, il le réalise sur place, lui a posé un lapin.

    C’est au cours des pérégrinations qui s’ensuivent qu’il fait la rencontre de Milosz, un jeune Serbe qui flemmarde au soleil tout en lisant un roman d’Henry Miller. C’est le coup de foudre instantané pour David qui rêve presque de se traîner au pied de celui qui occupe soudainement tout son champ de vision.

    David a, par ailleurs, une conception très particulière des relations amoureuses : les femmes sont faites pour être mariées et les hommes, pour être goûtés, léchés, adorés. Le roman nous entraîne dans le sillage de cet amour d’été dans lequel David cherche à la fois à se perdre et à se retrouver.

    Jean-Paui Tapie maîtrise admirablement bien la construction d’un récit et le lecteur ne peut s’empêcher de tourner frénétiquement les pages afin de partager l’émerveillement, le désir, l’anticipation et la douleur des personnages. Une autre caractéristique qui le distingue de ses pairs tient au fait que le récit ne se contente pas de relater une série d’anecdotoes. En effet, l’auteur parsème son périple de nombreuses réflexions qui nous amène souvent à effectuer un bref arrêt afin d’en savourer les moindres nuances. J’en prends à témoin la citation suivante :

    « Les amoureux sont toujours un peu cons, force est de le constater. Ils ont vu trop de films, lu trop de livres avant de s’aimer. Nul, aujourd’hui, n’arrive vierge à son premier amour. Même pas les puceaux. »

    Sans aucun doute, un roman d’exception qui saura plaire aux plus difficiles.

    L’homme qui lisait Henry Miller / Jean-Paul Tapie. Saint-Martin de Londres : H&O, 2013. 151p.

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