Mercredi, 22 septembre 2021
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    Denis Coderre, le désir d’agir

    Denis Coderre a décidé, il y a quelques mois, de briguer à nouveau la mairie de Montréal. L’écriture de Retrouver Montréal, sa vision de la métropole et de ce qui serait bon pour elle, l’a convaincu à se porter candidat. Montréal a un rôle moteur à jouer aussi bien sur le plan national qu’international, selon le candidat Coderre, mais pour y arriver il faut mobiliser tous les acteurs des différents milieux concernés et travailler de concert pour trouver les solutions idoines et assurer ainsi un meilleur «vivre ensemble» pour les citoyen.nes.

    La politique municipale vous manquait tant?
    Ce n’est pas que la politique me manquait, mais je n’aimais pas ce que je voyais. Montréal n’est plus que l’ombre d’elle-même et ne joue plus son rôle de contrepoids. Elle est redevenue une simple ville de province. Dans les 20 prochaines années, 75% de la population mondiale va se retrouver dans les villes. On définit aujourd’hui le monde par les villes et l’authenticité du vivre ensemble. Je pense que Montréal a perdu de son lustre, parce qu’on ne s’en est pas occupé. J’ai donc décidé d’écrire un livre sur ma vision de Montréal et c’est au moment où j’écrivais ma conclusion que j’ai décidé de me présenter.

    Pour entrer dans le vif du sujet, il y a beaucoup de locaux vides dans le Village, comment y remédier?
    Pour moi, on n’est pas dans une pandémie mais dans une endémie, et il faut vivre avec. On a besoin de relancer Sainte-Catherine. J’ai eu le bonheur, par le passé, de participer à l’assemblée générale de la Société de développement commercial (SDC) du Village. Je connaissais très bien Bernard Plante, et maintenant, Yannick Brouillette, l’ancien et le nouveau directeur général de la SDC. On travaille ensemble. On a besoin d’avoir des artères commerciales fortes et Sainte-Catherine est une artère dans un état critique. On doit développer des stratégies pour la relance.

    Le quartier du Village, qui est un haut lieu de destination, a besoin d’amour.
    On doit donc travailler en conséquence. Mais surtout, on doit jouer la complémentarité de l’unicité des quartiers comme destination et non les opposer. On ne doit pas opposer le Vieux-Montréal et le Village par exemple. C’est toute une stratégie que l’on doit avoir pour tout le centre-ville et proposer le plus rapidement un statut
    fiscal.

    Un statut fiscal particulier pour le centre-ville?
    Montréal est une ville de créativité, alors pourquoi ne pas compter sur cette création. Un exemple bien concret. On fait un grand carré de sable, on invite à une stratégie de partenariat, avec le secteur public, le secteur privé, le secteur de la culture, le secteur international, les OSBL. On assoit tout le monde en disant que nous ne faisons pas de politique et qu’on est là pour s’entendre. On se donne des paramètres et le rôle de la Ville est d’être un facilitateur. Je pense qu’on va vivre des années folles, on va vivre un après-guerre. Il faut travailler en collégialité et que tout le monde soit mis à contribution.

    Pour le Village, il faut s’assurer que ce soit un lieu de destination. On pourrait parler d’une zone franche puisque ce coin-là est le milieu de l’audiovisuel. Il y a Télé-Québec, CTV, RDS, Radio-Canada, TVA, on pourrait donc penser à une entité, car la réalité d’aujourd’hui c’est de créer des milieux de vie, c’est d’avoir la capacité de bâtir des choses précises, comme de récupérer l’ensemble du parc immobilier des écoles. Tout ce qui est sur notre territoire doit relever de Montréal. On pourrait faire aussi une cité de la gastronomie, avec le Village entre autres, la rue Saint-Denis et le Vieux-Montréal. Pour moi le développement durable va de pair avec le développement social et le développement économique, avec une stratégie de culture locale, qui devient un lieu de destination pour chaque quartier.

    Les logements sociaux. Sauf que cela fait 25 ans que je rencontre des élu.es et que leur réponse est la même, à savoir que le fédéral et le provincial font barrage en ne finançant pas à la hauteur de ce que coûterait à la Ville la construction de logements sociaux.
    Quand j’étais maire, mon ami Régis [Labeaume] a eu son statut de capitale, nous à Montréal, nous avons eu le statut de métropole et on a redéfinit l’autonomie municipale parce qu’on est un gouvernement de proximité. Les villes dans les prochaines années vont jouer un grand rôle et on peut faire des choses extraordinaires. Et l’autonomie ne veut pas dire indépendance, ça ne veut pas dire qu’on travaille contre, on a toujours travaillé la formule gagnante-gagnante.
    Si Montréal va bien, le reste du Québec va bien et en conséquence le Canada aussi.

    Même constat, depuis des années on nous promet des solutions pour l’itinérance, mais pour la population il n’y a aucun changement.
    Il n’est pas question que l’on accepte quelque campement que ce soit. On doit faire une entente avec les hôtels, pour un an, afin que si les gens arrivent avec leur stock, ils puissent les laisser dans leur chambre, cela s’appelle la dignité humaine. Il faut aussi avoir de la vigilance pour protéger la qualité de vie des gens alentour. Quand je faisais partie du gouvernement Chrétien, Claudette Bradshaw avait mis sur pied un tout nouveau programme d’accompagnement des itinérants. Je la connais la game, je sais comment ça marche. On va s’entourer d’une équipe, on va travailler en partenariat avec le milieu. Chaque dollar dépensé dans le communautaire nous en fait sauver 100, il faut donc travailler avec le communautaire.

    Pendant ce temps-là, on met sur pied des politiques de santé, des politiques d’emploi car il faut travailler en prévention de la précarité. On parle toujours de l’itinérance à Berri-UQAM, mais il faut réaliser que l’itinérance, ce n’est pas juste le centre-ville, il y en a dans d’autres quartiers de la ville. Je pense aussi qu’il n’y a pas qu’une solution, mais des solutions, et si on travaille à mettre à l’itinérance comme cela s’est fait dans d’autres pays, dans d’autres villes, on peut voir d’autres exemples. L’itinérance est un dossier qui me touche particulièrement, et je le montre dans mon livre et c’est ce qui m’a poussé à revenir en politique entre autres.

    Aideriez vous à la création d’un espace LGBTQ2S+ dans le Village ?
    Moi, j’ai toujours voulu m’assurer qu’on sorte du misérabilisme du communautaire, j’ai aidé à l’époque Gai Écoute pour qu’il soit ouvert 24h sur 24h. Il faut donner les outils et les locaux, il faut donner l’infrastructure au communautaire pour qu’il puisse faire son travail, je suis très très ouvert à ça. Cela fait partie de ce que je pense profondément. Ce qui est important, c’est de s’asseoir et de voir comment on peut donner les outils nécessaires pour aider. Prenons l’exemple de la culture: Si t’es un créateur, ta job c’est de créer et pas de remplir des formulaires à l’année longue. Poser la question, c’est y répondre. Quand je t’ai parlé de gérer le parc immobilier scolaire, pourquoi on ne crée pas une stratégie d’immeubles où l’on dit aux artistes, Montréal va gérer les immeubles et vous, vous allez créer. Pourquoi on ne pourrait pas penser à une stratégie semblable pour le communautaire LGBTQ2S+.

    Soutiendrez-vous un retour de Fierté Montréal au parc des Faubourgs après les rénovations?
    À l’époque, j’avais un plan pour le parc des Faubourgs, en 2017, repris par l’équipe actuelle, mais je pense à ce que j’ai fait pour le parc Jean-Drapeau en tenant compte que le parc appartient à tout le monde. J’ai tenu compte aussi de la possibilité de l’organisation d’événements grandioses, mais aussi qu’on puisse simplement profiter du parc comme de n’importe quel autre parc. Il faut aller dans ce sens avec le parc des Faubourgs pour accommoder tout le monde. Mais est-ce qu’on est obligé de tout faire à la même place pour Fierté Montréal? C’est une question qu’il faut se poser. Je ne suis pas fermé à cela parce que c’est le gros bon sens. Non seulement, je ne suis pas fermé, mais c’est nécessaire dans la mesure où tout le monde y trouve son compte.

    Pour lire l’entrevue que la Mairesse Valerie Plante nous a accordé dans l’édition d’avril de Fugues, consultez la section «Politique» de Fugues.com

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