Donald Trump veut retirer la citoyenneté de Rosie O’Donnell — sauf qu’en vertu de la Constitution américaine, il ne peut tout simplement pas faire ça. Trump entretient une vieille querelle avec la comédienne et actrice lesbienne, qui est citoyenne américaine de naissance — elle est née à Commack, sur Long Island, dans l’État de New York. Samedi, il a ravivé le conflit en publiant sur Truth Social :
« Vu que Rosie O’Donnell ne sert pas les meilleurs intérêts de notre grand pays, je considère sérieusement lui retirer sa citoyenneté. Elle est une menace pour l’humanité, et devrait rester dans le merveilleux pays qu’est l’Irlande, s’ils veulent bien d’elle. QUE DIEU BÉNISSE L’AMÉRIQUE ! »
O’Donnell a déménagé avec sa famille en Irlande cette année, disant qu’elle ne comptait pas revenir aux États-Unis tant que ce ne serait pas un endroit plus sécuritaire. Elle a répondu à la menace de Trump dans une vidéo TikTok :
« Mesdames et messieurs, le président est une honte pour tout ce que notre beau pays représente — il est un danger pour la nation — un criminel mentalement instable et non traité, qui a menti à l’Amérique pendant une décennie dans The Apprentice — merci Mark Burnett — et vous êtes tombés dans le panneau — c’est tellement tragique. Si vous aviez grandi à New York — comme lui et moi — vous sauriez à quel point c’est un vrai clown. Ajoutez-moi à la liste de celles et ceux qui vont lui résister à chaque tournant — c’est maintenant ou jamais, l’Amérique 🇺🇸 — mes petites publications depuis Dublin l’énervent — va donc arrêter quelques personnes racisées, espèce d’enfant roi malfaisant. »
O’Donnell a aussi publié sur Instagram une photo de Trump avec le prédateur sexuel Jeffrey Epstein, avec cette légende :
« Hé Donald — encore ébranlé ? 18 ans plus tard et j’habite toujours gratuitement dans ta cervelle en ruine. Tu me traites de menace pour l’humanité — mais je suis exactement ce qui te fait peur : une femme qui fait du bruit, une femme queer, une mère qui dit la vérité, une Américaine qui a quitté le pays avant que tu le foutes en feu. »
Selon le 14e amendement de la Constitution des États-Unis, le président ne peut pas révoquer la citoyenneté d’une personne née ou naturalisée dans le pays. Cet amendement stipule :
« Toute personne née ou naturalisée aux États-Unis, et soumise à leur juridiction, est citoyenne des États-Unis et de l’État dans lequel elle réside. Aucun État ne fera ou n’appliquera de loi qui réduise les privilèges ou immunités des citoyens des États-Unis. »
Malgré cela, Trump a déjà tenté de remettre en question le droit du sol, ciblant particulièrement les enfants nés de certains immigrants. Les tribunaux avaient bloqué son décret présidentiel à ce sujet, mais récemment, la Cour suprême a réduit le pouvoir des juges d’imposer des injonctions à portée nationale contre les actions du président. Les juges auraient laissé le décret entrer en vigueur le 27 juillet dans certaines régions des États-Unis — si ce n’était d’une nouvelle injonction émise jeudi par le juge fédéral Joseph Laplante, qui a accordé un statut de recours collectif à tous les enfants qui auraient été privés de leur citoyenneté par naissance. La décision de la Cour suprême n’annule pas les injonctions dans les cas de recours collectifs.
La chicane entre Trump et O’Donnell dure depuis plus de vingt ans. Lors d’un débat présidentiel en 2016 entre Trump et Hillary Clinton, la modératrice Megyn Kelly avait souligné qu’il avait déjà qualifié des femmes qu’il n’aimait pas de « truies, chiens, dégueulasses et animaux ». Trump avait répondu : « Seulement Rosie O’Donnell. »
À l’époque, cela faisait déjà dix ans qu’il l’attaquait publiquement, la traitant d’« insupportable », de « stupide », disant qu’elle « parle comme un camionneur » et qu’elle a un « visage gros et laid ». Il affirmait qu’elle avait été « méchante » avec lui depuis qu’elle l’avait critiqué à l’époque où elle coanimait The View.
Depuis son départ pour l’Irlande, O’Donnell continue de dénoncer Trump. Elle a récemment affirmé qu’il « mettait le pays en danger » et a attribué certaines morts liées aux inondations au Texas à des compressions budgétaires fédérales dans les services de prévision météorologique, comme l’ont rapporté Deadline et d’autres médias.

