Mardi, 21 avril 2026
• • •
    Publicité

    Quand la contestation iranienne inclut aussi des personnes LGBTQ+

    Déclenchées le 28 décembre dans un contexte d’effondrement économique et de flambée du coût de la vie, les manifestations en Iran ont rapidement dépassé les revendications sociales pour devenir une contestation politique directe du régime. Dans plusieurs villes, des slogans ont visé explicitement le Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, marquant une escalade.

    Selon un article du Washington Blade, des organisations de défense des droits humains rapportent que les autorités iraniennes ont répondu par une répression accrue et brutale, accompagnée de restrictions importantes à l’accès à Internet afin de freiner la diffusion d’images et de témoignages montrant l’atrocité de la répression. Un responsable iranien, cité par Reuters et repris par le média américain, affirme que les autorités auraient vérifié environ 5 000 décès liés aux troubles, dont près de 500 membres des forces de sécurité. Le pouvoir attribue ces morts à des « terroristes et émeutiers armés ». La réalité est qu’entre 30 000 et 40 000 oersonnes ont sans doute été tué lors des manifestations.

    Le reportage souligne également la participation de personnes LGBTQ+ aux manifestations, malgré les risques extrêmes encourus dans un pays où les relations sexuelles consentantes entre personnes de même sexe demeurent criminalisées et passibles de la peine de mort.

    Arsham Parsi, fondateur et directeur général de l’International Railroad for Queer Refugees (IRQR), explique au Washington Blade que l’engagement des personnes LGBTQ+ s’inscrit dans une revendication plus large de dignité et de liberté partagée par une grande partie de la population iranienne. Il rappelle toutefois qu’elles sont exposées à des dangers supplémentaires en raison de la criminalisation et de la stigmatisation dont elles font déjà l’objet. Parsi ne plaide pas pour une intervention militaire étrangère, mais plutôt pour un engagement diplomatique soutenu et une aide internationale centrée sur la défense des droits humains.

    Soudeh Rad, cofondatrice et directrice générale de l’ONG française Spectrum, décrit pour sa part un mouvement transversal, rassemblant différentes classes sociales, générations, communautés ethniques et identités de genre, notamment visible dans le Grand Bazar de Téhéran. Elle souligne que la situation est particulièrement périlleuse pour les personnes LGBTQ arrêtées : si leur orientation sexuelle ou leur identité de genre est révélée en détention, elles risquent davantage de violences et de torture. Elle situe la mobilisation actuelle dans la continuité du mouvement « Femme, Vie, Liberté », qui a contribué à des changements sociaux graduels, même sans réformes juridiques formelles.

    Shadi Amin, de l’organisation 6Rang, insiste également, dans les pages du Washington Blade, sur la difficulté de documenter les abus visant les personnes LGBTQ en raison des coupures d’Internet et de l’accès restreint aux centres de détention. L’absence de données fiables rend impossible toute estimation du nombre de personnes arrêtées, blessées ou tuées. En période de crise, ajoute-t-elle, les enjeux liés à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre sont souvent relégués au second plan, contribuant à l’invisibilisation des victimes.

    Comme le rapporte le Washington Blade, la participation des personnes LGBTQ+ à cette vague de contestation revêt une portée particulière : elles luttent à la fois pour des libertés collectives et pour leur propre droit à l’existence, dans un contexte où leur identité demeure criminalisée.

    Pour lire l’article original d’Ankush Kumar paru sur le Washington Blade

    Du même auteur

    SUR LE MÊME SUJET

    LAISSER UN COMMENTAIRE

    S'il vous plaît entrez votre commentaire!
    S'il vous plaît entrez votre nom ici

    Publicité

    Actualités

    Les plus consultés cette semaine

    Publicité