Mercredi, 28 septembre 2022
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    The Princess (La princesse) : Aux armes citoyennes!

    Une proposition très rafraîchissante de Hulu, via Disney+, que le film The Princess (La princesse) où une jeune fille (Joey King) s’éveille prisonnière dans une tour et réalise qu’un sociopathe a envahi le Royaume de son père le Roi et qu’elle est destinée à épouser le monstre sanguinaire. Va-t-elle se résoudre à son triste destin? Que non!

    Faisant preuve d’une ingéniosité et d’une combativité étonnante, elle se libère de ses chaines et usant de ruse et d’une maîtrise exceptionnelle de l’épée, elle s’attaque aux furoncles qui occupent le château. Pendant ce temps, Julius (Dominic Cooper), à qui elle a précédemment refusé sa main dans le cadre d’un mariage arrangé, organise fébrilement des noces sanglantes puisqu’il est impensable qu’elle puisse se refuser à lui.

    Normalement, ce genre de film amènerait immanquablement la jeune fille à croiser le chemin d’un chevalier/palefrenier (au choix) qui l’épaulera puissamment dans sa quête, mais après une heure de visionnement, le spectateur doit se rendre à l’évidence : la princesse est seule maîtresse de son destin. Par ailleurs, on ne s’épilogue que peu sur les motifs du refus de la demande en mariage. Elle refuse, tout simplement!

    Le réalisateur Le-Van Kiet offre une enfilade quasi ininterrompue de scènes d’action et de combat qui tiennent le spectateur constamment en haleine. Oui, certains éléments dépassent largement le domaine de la vraisemblance, mais c’est après tout le propre de tous les films d’action. Le scénario de Ben Lustig et Jake Thornton met de l’avant une série de modèles féminins extrêmement positifs, ce qui change du format Disney habituel, tout en saupoudrant le tout d’une belle brochette d’adversaires à la masculinité toxique bien relevée (dont un soldat au casque corné hilarant de narcissisme).

    Un contraste assez percutant s’établit d’ailleurs dès le départ entre ce Royaume progressiste qui accueille à bras ouverts des citoyens de tous horizons et le dégoût manifesté par Julius pour la décadence d’un lieu où l’on retrouve des conseillers d’origine africaine et asiatique et où les femmes peuvent prendre la parole. C’est d’ailleurs au contact de Linh (Veronica Ngo), la fille d’un conseiller du Roi que la jeune princesse apprend à maîtriser l’art de la guerre.

    Mais le progressisme y a ses limites et malgré toute son ouverture d’esprit, le Roi (Ed Stoppard) n’en pense pas moins que la politique est une affaire d’hommes et que sa fille doit se résoudre au mariage organisé par ses soins puisque, ô triste sort, il n’a pas d’héritier mâle pouvant occuper le trône. La princesse doit donc non seulement délivrer sa famille et le Royaume du joug de l’envahisseur, mais également prouver à son père que toute femme à l’étoffe d’être une Reine!

    Question existentielle : la princesse a-t-elle une inclination qui la porte vers les femmes et cela a-t-il contribué au rejet de Julius? Le film demeure silencieux à ce sujet, et ce n’est pas vraiment important, mais j’aime bien à le croire et à interpréter en ce sens une scène finale où celle-ci et Linh échangent un regard prolongé tout en portant le poing vers le cœur. 

    The Princess (La princesse), un film de Le-Van Kiet disponible sur Disney+, en anglais et en français.

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