Vendredi, 21 juin 2024
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    Démystifier la situation des femmes vivant avec le VIH

    Selon Santé Canada, les femmes sont cinq fois plus susceptibles que les hommes de contracter le VIH au pays. Or, l’un des stéréotypes les plus persistants est que le VIH touche majoritairement les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes. À l’occasion de la Journée internationale des femmes, Winnie Nombre, chargée de projet au Centre d’Action Sida Montréal (CASM) démystifie la situation des femmes vivant avec le VIH à Montréal et discute des ressources disponibles pour leur offrir le soutien nécessaire.

    Le CASM a pour mission de défendre les droits des personnes qui s’identifient comme femmes et qui vivent avec le VIH. Plus spécifiquement, le centre vise à améliorer leur qualité de vie, dans une démarche d’empowerment en plus de mettre en place des initiatives de sensibilisation et de prévention auprès de la population montréalaise.

    Pour Winnie Nombre, à l’emploi du CASM depuis trois ans, le centre vise également à créer un espace de sécurité : « lutte, entraide et solidarité sont trois mots qui résument bien notre démarche. Toutes les personnes qui s’identifient comme des femmes peuvent se tourner vers nous pour trouver un espace sécuritaire destiné à améliorer leur qualité de vie. »

    L’un des seuls organismes dédiés exclusivement aux femmes vivant avec le VIH, le CASM compte sur une équipe de sept femmes qui viennent en aide à une communauté de quelque 300 femmes et leurs familles. Le soutien offert se traduit par des services de dépistage, de consultation individuelle ou en groupe, des ateliers de prévention, des services d’accompagnement lors de rendez-vous médicaux ou encore du soutien aux démarches d’employabilité.

    La série de photos Regard sur le VIH est produite par Shutterstock et à été conçue en collaboration avec ViiV soins de santé

    Parmi les enjeux propres aux femmes vivant avec le VIH, on compte notamment les coûts élevés reliés à la médication et la difficulté d’accès aux soins de santé, surtout lorsqu’il est question de personnes immigrantes : « l’accès aux soins pour les femmes immigrantes est un enjeu important d’un point de vue culturel, encore davantage lorsqu’elles considèrent qu’elles seront peut-être traitées par des hommes. Par ailleurs, certaines d’entre elles ont de la difficulté à payer les factures de subsistance comme le loyer, donc les médicaments passent souvent en dernier », explique la chargée de projet.

    La violence, physique ou psychologique, la stigmatisation ainsi que le manque d’éducation quant à la santé reproductive et sexuelle sont d’autres fléaux qui s’attaquent plus gravement aux femmes. Dans le cas de nouvelles arrivantes ou de personnes issues de cultures différentes, le manque de compréhension ou d’information peut être particulièrement dommageable : « ces personnes n’ont jamais eu accès à de l’information adéquate, elles associent tout de suite le VIH à la mort. Pour elles et leur famille, elles sont convaincues qu’elles sont mortes, donc lorsqu’on ajoute la barrière culturelle ou de la langue, c’est un défi », confie Winnie Nombre.

    L’une des fausses croyances des plus tenaces parmi les femmes vivant avec le VIH est qu’elles transmettront automatiquement le virus à leur enfant si elles sont enceintes. Or, Winnie Nombre est l’exemple parfait du contraire. Celle qui est née avec le VIH a donné naissance à deux enfants en parfaite santé et tient à rassurer les femmes qui vivent la même situation : « il y a certaines recommandations à suivre notamment en lien avec l’allaitement, mais il est possible d’avoir une belle grossesse et de mettre un enfant au monde en pleine santé! »

    Du même souffle, la chargée de projet tient également à démystifier une autre fausse croyance trop répandue, celle selon laquelle il est impossible de trouver l’amour et d’avoir une sexualité épanouie lorsque l’on contracte le virus : «il est faux de dire qu’on ne peut pas avoir une vie normale si on contracte la maladie. Ce n’est pas le VIH qui dicte notre vie, c’est à nous-même de mener la vie que l’on désire. »

    Force est de constater que l’éducation et la sensibilisation sont toujours de mise puisqu’une décroissance du niveau de connaissance collectif en lien avec le VIH et la santé sexuelle se fait sentir sur le terrain, plus précisément chez les jeunes, selon l’intervenante : « nous avons davantage de difficulté à atteindre les plus jeunes. On se rend compte qu’il y a une perte de connaissance générale actuellement. Par exemple, une personne nous a récemment demandé si elle pouvait contracter le virus après avoir embrassé une femme vivant avec le VIH. Une autre nous a demandé comment mettre un condom. »

    Winnie Nombre rappelle que les femmes vivant avec le VIH manquent cruellement de modèle, et elle leur partage le message qu’elle aurait voulu recevoir au moment où elle a dû apprendre à vivre avec sa situation: « vous n’êtes pas seule et vous méritez l’amour et le respect. N’hésitez pas à demander de l’aide! »

    Aux familles des personnes vivant avec le VIH, Winnie Nombre, qui a eu la chance d’être entourée de deux frères aimants et en santé, elle dit ceci : « vous jouez un grand rôle dans la vie des personnes atteintes du VIH, donc il faut continuer de faire une différence par l’amour, le soutien et l’engagement. »

    INFOS | Les personnes qui voudraient s’engager bénévolement auprès du CASM ou qui désirent obtenir plus de renseignements à propos de ses services peuvent contacter le centre par téléphone ou visiter son site web au https://casm-mtl.org

    ViiV

    Ce contenu est commandité par ViiV Soins de santé Canada.

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