Jeudi, 28 octobre 2021
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    Deux homosexuels arrêtés début février accusés de complicité avec un groupe armé

    Les deux jeunes gais arrêtés début février en Tchétchénie accusés de complicité avec des rebelles armés, a annoncé l’association LGBT Set une ONG spécialisée sur la persécution des minorités sexuelles dans cette république russe du Caucase a déclaré que Salekh Magamadov et Ismaïl Issaïev avaient été officiellement accusés de «participation à un groupe armé clandestin», un terme employé habituellement par les autorités pour désigner les activités de combattants jihadistes. Les deux hommes risquent jusqu’à 15 ans de prison.

    «Les détenus ont dit à leur avocat qu’ils avaient dû signer des déclarations et des dépositions sous la menace», a encore expliqué l’ONG, qui ajoute ne pas avoir vu de «preuves objectives» de leur culpabilité.

    MM. Magamadov et Issaïev, âgés de 21 et 17 ans respectivement, avaient été appréhendées par les forces de l’ordre le 4 février à Nijni Novgorod, dans l’ouest de la Russie, et transférés dans des conditions troubles dans un commissariat de la ville tchétchène de Goudermès.

    L’association LGBT Set a qualifié cette arrestation d’enlèvement. Le 7 février, un proche collaborateur du dirigeant tchétchène Ramzan Kadyrov, Akhmed Doudaïev, avait assuré que les deux prévenus avaient «avoué avoir fourni une aide à un membre d’un groupe armé illégal», tué au cours d’une opération des forces antiterroristes le 20 janvier.

    Selon l’ONG, un tribunal a ensuite ordonné leur placement en détention dans une prison de Grozny, la capitale de la Tchétchénie.

    Contacté par l’AFP, le ministère tchétchène de l’Intérieur a affirmé qu’ils avaient été appréhendés dans un premier temps en tant que «témoins ».

    Les deux hommes avaient été exfiltrés avec l’aide de l’ONG LGBT Set en juillet 2020 hors de cette république russe du Caucase en majorité musulmane et dirigée d’une main de fer par Ramzan Kadyrov. Selon l’association, ils avaient été interpellés une première fois au printemps 2020 à cause de «leur orientation sexuelle» et contraints d’enregistrer des excuses filmées, dans lesquelles ils disaient «ne pas être des hommes».

    La Tchétchénie est régulièrement accusée de graves violations des droits des opposants politiques, des femmes et des personnes LGBT. Le journal d’opposition russe Novaïa Gazeta, suivi par plusieurs ONG, avait révélé en 2017 que des homosexuels y étaient arrêtés et parfois torturés et assassinés par la police.

    Rédaction avec l’AFP

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