Vendredi, 24 avril 2026
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    Dans la 2e administration Trump plusieurs visages ont des antécédents hostiles aux LGBTQ+

    Bien que quelques nominations offrent des percées symboliques, la vaste majorité ignore carrément les droits LGBTQ+ ou travaille activement à les démanteler. Ces personnes sont maintenant responsables de votre accès aux soins de santé, à un refuge, au service militaire, à vos droits en milieu de travail et à votre sécurité.  Voici un portrait des membres du cabinet très LGBTQphobe de Trump 2.0.

    Secrétaire d’État : Marco Rubio
    Marco Rubio a passé des années à saper l’égalité LGBTQ+. En tant que sénateur républicain de la Floride, il s’est opposé au mariage pour tous, a voté contre les protections pour les personnes queer et s’est rapproché de groupes d’extrême droite — allant jusqu’à prendre la parole lors d’un rassemblement post-Pulse organisé par un groupe haineux désigné par le Southern Poverty Law Center. Maintenant, comme principal diplomate du pays, il efface les personnes non conformes au genre des registres officiels. Sous la direction de Rubio, le contenu LGBTQ+ a été supprimé du rapport annuel sur les droits humains du Département d’État. Son influence internationale pourrait nuire aux personnes queer à travers le monde — surtout les militant·e·s vivant sous des régimes répressifs qui voyaient auparavant les États-Unis comme un allié. Désormais, ils verront un secrétaire qui fait de l’invisibilisation LGBTQ+ une politique officielle. Rubio a émis une nouvelle directive stipulant que les passeports américains ne seraient plus délivrés selon l’identité de genre. Selon cette politique, les documents d’identité et les visas doivent être délivrés en fonction du sexe assigné à la naissance. Toutefois, un juge fédéral a récemment émis une injonction contre cette directive.


    Secrétaire au Trésor : Scott Bessent
    Scott Bessent est entré dans l’histoire en devenant le premier secrétaire de cabinet ouvertement homosexuel confirmé sous un président républicain. Mais depuis son entrée en fonction, Bessent, un milliardaire, est resté silencieux sur les questions LGBTQ+. Ancien cadre de fonds spéculatifs et chef des investissements de George Soros, il n’a rien dit sur la pauvreté queer, la discrimination économique ou les obstacles financiers systémiques auxquels font face les personnes LGBTQ+. La communauté LGBTQ+ pourra-t-elle compter sur cette personne ouvertement LGBTQ+ pour défendre ses droits? On commence à en douter.


    Secrétaire à la Défense : Pete Hegseth
    Pete Hegseth ne se contente pas de faire reculer les droits LGBTQ+ dans l’armée — il mène une véritable purge. Cet ancien animateur de Fox News, fidèle à Trump, a fait de l’interdiction totale du service des personnes transgenres sa mission. Il a ordonné aux commandants de repérer les militaires soupçonnés d’être trans pour des examens médicaux, et a poussé pour modifier les dossiers afin qu’ils reflètent le sexe assigné à la naissance. Hegseth a récemment qualifié les personnes trans de « gars en robe ». Il dirige maintenant le Pentagone. Pour les militaires queer, le message est clair : Votre service n’a pas d’importance ici — votre effacement, oui.


    Procureure générale : Pam Bondi
    Pam Bondi se présente depuis longtemps comme une défenseure des « valeurs traditionnelles », mais son bilan en matière de droits LGBTQ+ est marqué par l’hostilité et la contradiction. Comme procureure générale de la Floride, elle a lutté pour maintenir l’interdiction du mariage entre personnes de même sexe, qualifiant l’adoption par des personnes LGBTQ+ de « grave préjudice public », et a défendu une loi maintenant annulée qui interdisait aux couples gays d’adopter. Elle a ensuite loué la loi « Don’t Say Gay » de la Floride et a même comparé l’identité LGBTQ+ au fait de « rapporter une seringue d’héroïne à l’école », selon un rapport minoritaire du Comité judiciaire du Sénat datant de janvier. Ce même rapport a condamné son dossier comme étant « peu fiable et incohérent » en matière d’application des droits civils, tout en soulignant son soutien à des lois discriminatoires.
    Désormais responsable fédérale des crimes haineux, des politiques scolaires et de la discrimination en matière de logement, les défenseurs des droits LGBTQ+ craignent une nouvelle ère de justice sélective — où la « liberté religieuse » serait instrumentalisée pour marginaliser les personnes queer de manière systémique.


    Secrétaire de l’Intérieur : Doug Burgum
    Doug Burgum a déjà condamné la rhétorique anti-LGBTQ+ de son propre parti — mais lorsqu’il a fallu gouverner, il a plié. En tant que gouverneur du Dakota du Nord, il a signé loi après loi ciblant les jeunes trans, interdisant les soins d’affirmation de genre et leur participation aux sports. Aujourd’hui, il contrôle les terres fédérales, les politiques autochtones et l’application des lois environnementales — des domaines ayant un impact direct sur les communautés LGBTQ+ et bispirituelles. Son image modérée cache un schéma dangereux : une coopération discrète avec les croisés anti-trans.


    Secrétaire à l’Agriculture : Brooke Rollins
    Brooke Rollins ne fait pas que gérer les programmes de repas scolaires — elle utilise le ministère de l’Agriculture pour cibler les élèves transgenres. En mars, Rollins a envoyé une lettre officielle au gouverneur de Californie, Gavin Newsom, menaçant de revoir le financement fédéral à cause des protections de l’État pour l’identité de genre des élèves. En invoquant une « idéologie trans radicale », le ministère s’est engagé à soutenir une enquête fédérale sur la conformité de la Californie avec la FERPA, une loi de 1974 conçue pour protéger les dossiers scolaires, accusant l’État de violer les droits parentaux en protégeant les jeunes trans d’une divulgation forcée. Ce n’est pas nouveau. Rollins dirigeait auparavant le groupe America First Policy Institute, où elle militait pour couper les fonds aux écoles soutenant les élèves trans et s’opposait aux programmes éducatifs inclusifs. Maintenant responsable du développement rural, de l’accès aux repas scolaires et des subventions jeunesse, elle transforme sa rhétorique anti-trans en politique fédérale.


    Secrétaire au Commerce : Howard Lutnick
    Howard Lutnick n’a aucun historique connu concernant les enjeux LGBTQ+ — et c’est justement ça, le problème. Ancien PDG de Cantor Fitzgerald, il entre au cabinet sans aucune déclaration publique en faveur des droits queer ni de mesures de soutien à des politiques économiques inclusives. Le ministère du Commerce touche pourtant à tout, des subventions aux petites entreprises jusqu’à ce qui était autrefois l’application des politiques DEI (diversité, équité, inclusion) dans les contrats fédéraux.


    Secrétaire au Travail : Lori Chavez-DeRemer
    Avant de rejoindre le cabinet de Trump, Lori Chavez-DeRemer s’est bâtie une image de modérée de banlieue — ancienne mairesse de Happy Valley, Oregon, puis députée fédérale pendant un seul mandat. Mais son dossier raconte une tout autre histoire. Elle a coparrainé la loi nationale dite Parents’ Bill of Rights, une politique qui forcerait les écoles à dénoncer les élèves trans à leurs parents et à interdire les contenus éducatifs inclusifs. Aujourd’hui, en tant que secrétaire au Travail, elle applique la même approche aux travailleurs queer. En mai, son ministère a annoncé l’annulation de 13,6 millions $USen subventions fédérales pour la diversité, l’équité et l’inclusion — dont plusieurs conçues pour soutenir les personnes trans, non binaires, immigrantes ou en situation de handicap dans des programmes de formation à travers le pays.
    Ces coupes ont anéanti des initiatives axées sur l’accès aux préapprentissages, la sécurité au travail pour les femmes trans racisées, et l’embauche inclusive dans les secteurs technologique et énergétique. Son ministère a affirmé vouloir éliminer des « expériences DEI discriminatoires ».
    Mais pour les travailleurs LGBTQ+ — surtout dans les États hostiles — ce n’étaient pas des expériences. C’étaient des bouées de sauvetage.


    Secrétaire à la Santé et aux Services sociaux : Robert F. Kennedy Jr.
    RFK Jr. qualifie les soins d’affirmation de genre de « maltraitance infantile ».
    Comme secrétaire à la Santé, il a déjà supprimé la reconnaissance des personnes trans et intersexuées des lignes directrices fédérales en matière de santé. Connu de longue date pour ses théories conspirationnistes sur les vaccins, Kennedy utilise maintenant sa position pour attaquer directement les soins de santé queer — en réduisant l’accès à la prévention du VIH, aux soins de transition et aux services de santé mentale. Il a déjà prétendu que les « poppers » étaient responsables de l’épidémie de sida. Les critiques affirment que son passage du statut de figure marginale à celui de décideur fédéral marque une dangereuse normalisation de la pseudoscience anti-LGBTQ+.


    Secrétaire au Logement et au Développement urbain : Scott Turner
    Scott Turner a discrètement démantelé les protections pour les personnes LGBTQ+ sans-abri. En tant que secrétaire au Logement (HUD), il a mis fin à l’application de la règle d’égalité d’accès, qui garantissait aux personnes trans l’accès aux refuges correspondant à leur identité de genre.
    Ancien joueur de la NFL, Turner justifie ses décisions par la « liberté religieuse ». Mais quand la foi est utilisée pour refuser un toit, ce n’est pas spirituel — c’est stratégique. Les jeunes queer, en particulier les jeunes trans racisés, sont déjà surreprésentés parmi les sans-abris. Les politiques de Turner veillent à ce que ça reste ainsi.


    Secrétaire aux Transports : Sean Duffy
    Sean Duffy a bâti sa carrière politique en s’opposant aux droits LGBTQ+, et il ne s’est jamais ravisé. Cet ancien candidat de MTV Real World s’est opposé à l’égalité du mariage, a soutenu l’interdiction des personnes trans dans l’armée de Trump et, en tant que représentant du Wisconsin, a refusé d’appuyer l’Equality Act. Aujourd’hui, comme secrétaire aux Transports, il est chargé de faire respecter les droits civils dans les systèmes de transport et les aéroports — des lieux où les personnes queer et trans, en particulier les personnes racisées, subissent quotidiennement du harcèlement.


    Secrétaire à l’Énergie : Chris Wright
    Chris Wright ne s’en prend pas directement aux personnes LGBTQ+, mais sa guerre contre la science le rend tout de même dangereux. Ancien PDG de Liberty Energy, Wright a dénoncé les politiques climatiques « woke » et s’est moqué de l’éducation inclusive dans les domaines des STIM (sciences, techno, ingénierie, mathématiques). Il n’a jamais fait de déclaration publique sur les droits LGBTQ+. Pourtant, son arrivée à la tête du Département de l’Énergie coïncide avec une réduction des initiatives pour la diversité et des exigences en matière d’équité dans les subventions à la recherche fédérale.


    Secrétaire à l’Éducation : Linda McMahon
    Linda McMahon a fait fortune à la tête de la WWE, où l’homophobie faisait partie du spectacle. En tant que secrétaire à l’Éducation, elle a importé cette mentalité dans les politiques fédérales. McMahon a lancé des enquêtes dans les écoles qui soutiennent les élèves trans, qualifiant l’usage des pronoms et les politiques inclusives de violations des lois fédérales sur la vie privée. GLAAD a depuis longtemps dénoncé son passé dans le divertissement, soulignant sa participation à la diffusion de stéréotypes anti-LGBTQ+. Aujourd’hui, elle s’en prend aux jeunes trans dans la vraie vie. Sous sa gouverne, les élèves queer et trans ne sont pas seulement attaqués — ils sont utilisés comme pions politiques dans la croisade culturelle du Parti républicain.


    Secrétaire aux Anciens Combattants : Doug Collins
    Doug Collins, ancien député républicain et aumônier militaire, a voté contre l’Equality Act et coparrainé des projets de loi défendant des « croyances religieuses » anti-LGBTQ+. Il est maintenant responsable du système de santé pour les vétérans queer et trans. Ces vétérans font déjà face à des taux plus élevés de problèmes de santé mentale, de discrimination et de refus de soins. Mais Collins ne montre aucun intérêt à résoudre ces enjeux. Au contraire, il a mis fin aux soins pour les vétérans transgenres et abrogé les politiques qui assuraient un traitement digne aux personnes trans dans les installations du VA (Veterans Affairs). Ceux et celles qui ont servi leur pays — et qui sont trans ou non binaires — ne peuvent plus s’attendre à être traités avec respect lorsqu’ils ou elles cherchent des soins médicaux.


    Secrétaire à la Sécurité intérieure : Kristi Noem
    Le bilan anti-LGBTQ+ de Kristi Noem est l’un des plus extrêmes au sein du cabinet Trump. En tant que gouverneure du Dakota du Sud, elle a signé l’une des premières interdictions sportives pour les jeunes trans du pays, ainsi qu’une vaste loi de « refus religieux » qui a ouvert la porte à une discrimination généralisée envers les personnes LGBTQ+. Aujourd’hui, à la tête du Département de la Sécurité intérieure (DHS), sa cruauté dépasse les frontières. En mars, le DHS a déporté Andry Hernández Romero, un demandeur d’asile vénézuélien gay, vers la prison notoire CECOT au Salvador — où il a disparu. Noem n’a pas seulement supervisé cette politique. Elle l’a défendue. Lorsque le député californien Robert Garcia, lui-même homosexuel, lui a demandé d’intervenir, elle a refusé. Son message aux personnes LGBTQ+ qui fuient la violence est clair : Vous n’êtes pas les bienvenus ici.

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