Dimanche, 25 février 2024
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    Journée mondiale de la santé: parlons de la santé urbaine dans le Village

    Les difficultés liées à la vie dans une métropole comme Montréal sont nombreuses. Dans les quartiers comme le Village et le Centre-Sud, les problématiques sociales telles que la pauvreté, la difficulté d’accès à des logements abordables salubres et l’exposition à la chaleur et à la pollution sont monnaie courante. Heureusement, plusieurs organismes sont actifs dans le secteur pour offrir un soutien aux communautés locales. À l’occasion de la Journée mondiale de la santé, Marie-Andrée Lefebvre, directrice générale de la Fondation Santé Urbaine, discute des enjeux de santé vécus par la population vivant à proximité du Village et des efforts de la Fondation pour leur venir en aide.

    Qu’entend-on par le terme « Santé urbaine » ?
    Marie-Andrée Lefebvre : En bref, le concept de santé urbaine signifie aborder la santé générale des citoyens en fonction des impacts de leur contexte de vie en centre urbain. Selon l’Organisation mondiale de la santé, 55 % de la population mondiale vit en zone urbaine et ce pourcentage atteindra 68 % d’ici environ 25 ans. Qui dit urbanisation accrue, dit augmentation de la densité de population et des problématiques qui influencent la santé des citoyens. On peut donc s’attendre à ce que les villes deviennent des foyers de transmission de maladies grandissants. La propagation exponentielle de la COVID-19 dans les grands centres en est malheureusement un exemple. L’approche de santé urbaine cherche donc à favoriser l’adaptation des services de santé, des services sociaux et des environnements de soins pour mieux répondre aux besoins des citoyens urbains. Pour Montréal précisément, l’idée est d’améliorer la santé en réduisant les inégalités de santé et de rendre la métropole plus résiliente pour faire face à l’adversité et aux risques sociosanitaires.


    Dans ce contexte, quel est le rôle de la Fondation Santé Urbaine ?
    Marie-Andrée Lefebvre : Notre Fondation a pour mission d’humaniser les soins de santé, de la naissance à la fin de vie, pour les communautés vivant sur le territoire du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, grâce à des gestes humains, à l’achat d’équipements médicaux et au soutien de projets innovants. Notre vision est de faire une différence concrète et d’offrir un soutien tangible aux populations locales, au moment où elles en ont besoin. Dans le cas du Village et des secteurs adjacents, nous sommes actifs auprès des clientèles de l’Hôpital Notre-Dame et du CLSC des Faubourgs (Sainte-Catherine, de la Visitation et Parthenais). Nous offrons aussi un soutien aux résidents des CHSLD Armand-Lavergne, Bruchési, Émilie-Gamelin et Ernest-Routhier.

    La Fondation est donc très active dans les alentours du Village. Quels sont les enjeux de santé urbaine les plus présents dans ces secteurs ?
    Marie-Andrée Lefebvre : Comme l’ont rapporté plusieurs médias récemment, le Village et les secteurs avoisinants composent malheureusement avec des caractéristiques socioéconomiques moins favorables et une population plus vulnérable que dans l’ensemble des autres territoires. Par exemple, selon les données du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, plus de 28 % de la population du territoire du CLSC des Faubourgs vivait sous le seuil de faible revenu en 2016, contre 17 % pour l’île de Montréal. Également, le taux de mortalité par suicide dans le secteur est deux fois supérieur au reste de l’Île. On y rencontre aussi plusieurs problématiques, dont la dépendance, la violence au foyer, les troubles psychologiques, les difficultés d’adaptation ou les maladies dégénératives.

    Pouvez-vous nous donner des exemples concrets de gestes posés pour venir en aide aux communautés du quartier ?
    Marie-Andrée Lefebvre : Nous tentons autant que possible de financer des actions concrètes qui auront un impact bien réel pour la population. Il s’agit de gestes comme payer l’épicerie pour des personnes qui ont subi de longues hospitalisations, offrir des massages à des patients en oncologie ou encore financer le réaménagement des chambres d’unités de soins palliatifs. Nous avons aussi appuyé le réaménagement du Café des Pairs, un lieu de rencontre pour les personnes bénéficiant de services en santé mentale de l’Hôpital Notre-Dame.

    La Fondation a également participé au financement d’un minibus adapté pour permettre des sorties aux résidents des CHSLD du secteur, et offert des trousses de départ afin d’aider les personnes en situation d’itinérance à s’installer en appartement.


    La Fondation célèbre cette année son 5e anniversaire, ce qui en fait un organisme relativement jeune. Pouvez-vous nous expliquer comment elle est née ?
    Marie-Andrée Lefebvre : Nous sommes un jeune organisme, en effet ! La Fondation Santé Urbaine est née en 2018 de la fusion entre la Fondation de l’Hôpital de Verdun et de la Fondation santé et mieux-être Jeanne-Mance. Les deux entités, qui accompagnaient leurs communautés respectives depuis près de 40 ans, ont uni leurs forces afin d’offrir un soutien plus fort aux populations les plus vulnérables du territoire de Montréal.

    Est-ce que vous venez en aide à une communauté ou un groupe d’âge précis ?
    Marie-Andrée Lefebvre : Non, les projets que nous finançons s’adressent aux clientèles de tous les âges. Nous soutenons autant les initiatives mises sur pied par des écoles pour favoriser la persévérance scolaire que les projets visant la clientèle pédiatrique ou les actions ayant pour but d’offrir plus de services aux communautés LGBTQ+.

    Quelle est l’ampleur de l’implication de la Fondation depuis sa création ?
    Marie-Andrée Lefebvre : Depuis 2018, la Fondation a soutenu financièrement plus d’une centaine de projets touchant des communautés variées. Uniquement pour 2023, par exemple, nous avons déjà octroyé plus de 275 000 $ dans le secteur du Village pour répondre à des besoins en santé mentale et en troubles de dépendance.

    Comment identifiez-vous les projets financés ?
    Marie-Andrée Lefebvre : Nous appuyons un total de 24 établissements, dont huit sont localisés dans les environs du Village. Les besoins sont cernés sur le terrain par les intervenants de chaque établissement, qui présentent ensuite un projet de financement précis à la Fondation. L’implantation d’une ligne d’accompagnement téléphonique pour les ainé.e.s, ou la couverture des traitements de prophylaxie post-exposition (PPE) pour les personnes ayant eu un contact à risque avec le VIH, sont des exemples de demandes soutenues par le passé. Nous avons à cœur l’aspect humain de notre mission, c’est pourquoi on adopte une approche collaborative qui rend les demandes de financement aussi simples et accessibles que possible pour tous les intervenants.

    Y a-t-il des activités spéciales ou de levée de fonds auxquelles la communauté peut participer ?
    Marie-Andrée Lefebvre : Il y en a plusieurs ! (Rires.) Par exemple, le Défi caritatif Banque Scotia à l’occasion du 21K de Montréal, le 22 avril, est une super façon de rendre sa course utile en amassant des fonds pour la Fondation. De son côté, notre événement-phare annuel, le BAL URBAIN, se tient le 4 mai prochain à la Maison principale. La soirée transportera les invités dans un décor surréaliste et déjanté qui mariera rock et élégance. Il est aussi possible de récolter des dons à l’occasion du Défi des générations, qui se déroule de juin à septembre. Pour ceux qui aiment les soirées festives, notre populaire 6@huîtres automnal rassemble quelque 400 professionnels chaque mois de novembre afin de faire une différence pour les communautés locales.


    INFOS | Pour faire un don à la Fondation Santé Urbaine, rendez-vous au www.fondationsanteurbaine.com

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